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Le visage de Satan – Florent Marotta

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J’ai terminé il y a quelques jours Le visage de Satan de Florent Marotta, paru aux éditions Taurnada. J’ai manqué un peu de temps ces derniers jours pour mettre en ligne ma chronique, mais mieux vaut tard que jamais !

Le visage de Satan, c’est l’histoire de Gino, ancien flic reconverti en détective privé, qui se retrouve à enquêter, à la demande de Sybille, une sulfureuse veuve, sur la mort à priori banale de son mari Walter. Gino est un personnage torturé, alcoolique repenti en cours de sevrage difficile, il doit affronter les démons des différents drames qui ont jalonné sa vie et sa carrière. Ses investigations le mèneront dans le milieu obscure du satanisme, de la magie noire et de ses adeptes, évoluant dans un milieu de luxure et de débauche profonde. L’enquête piétine, les découvertes macabres se succèdent… Son enquête le mènera jusqu’à Abraxas, qui se veut fédérateur d’un nouvel ordre. Il est le Maître, il est celui qu’il faut suivre, il est celui qui faut vaincre pour que cette violence s’arrête.

Le visage de Satan commence très fort. Dès le premier chapitre, dès la première page, on est plongé dans l’ultra violent. Les meurtres s’apparentent à des boucheries, les scènes de tortures, de viols, d’orgies sexuelles sont largement détaillées et nous rappelleraient parfois un certain Gilles Caillot, et ça, moi j’adore ! Bon, sauf les scènes de viol qui me sont particulièrement pénibles… c’est comme ça, malgré mon profond attrait pour les thrillers très violents, j’arrive pas à m’y faire et il m’arrive de sauter certains passages trop pénibles (j’ai en tête le terrible chapitre 13!).
Le satanisme est un sujet que j’ai apprécié retrouver. Connaissant relativement bien le sujet, j’ai trouvé que l’auteur était largement documenté et qu’il poussait son analyse très loin dans ce mouvement flirtant avec le borderline et l’interdit. Il a choisi d’ancrer son histoire dans un contexte de fin du monde, quelques jours avant la supposée disparition de notre ère en décembre 2012. Il exploite donc en parallèle du satanisme la piste des groupuscules religieux chrétiens, en proie à un obscurantisme profond, voyant le monde qui les entoure à travers le prisme de la religion.

Le personnage de Gino est très attachant. On rencontre un Gino solitaire, c’est une volonté chez lui de se mettre en retrait et de ne pas s’impliquer émotionnellement, car il finit par perdre tous ceux qu’il aime. Derrière son air de brute et ses manières peu orthodoxes, on se rend compte qu’il s’est forgé une carapace car il est quelqu’un de profondément sensible et humain. 

Le livre se lit bien, Florent sait maintenir le suspens avec une apogée de la tension dans les dernières pages où l’auteur prend soin d’ajouter de longues descriptions pour retarder le moment fatidique du dénouement  que tout lecteur attend impatiemment. J’ai cependant trouvé le début un peu long, au moment de la mise en place de l’enquête… mais après la centième page, coup d’accélérateur, impossible de le lâcher !

Si vous n’avez pas froid aux yeux, lancez-vous!

Âmes sensibles, s’abstenir !

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Non classé, Polar/thriller nordique

MardiConseil #4 – Arnaldur Indridason

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Aujourd’hui sur la Twittosphère c’est #MardiConseil !

Comme tous les mardis depuis les quelques semaines où j’ai crée mon blog, c’est l’occasion pour moi de revenir sur un livre, ou un auteur, que j’ai apprécié dans les mois ou années précédents ma découverte des réseaux sociaux littéraires, à l’époque où j’étais une petite lectrice qui lisait bien sagement dans son coin.

Aujourd’hui, je reviens sur un auteur le premier auteur du nord que j’ai lu, et qui a été une révélation pour moi, Arnaldur Indridason.

imageIndridason sur les lieux du tournage de La cité des Jarres

 

Qui est-il ?

Arnaldur Indridason est un auteur islandais de thrillers. Ancien journaliste et critique, il est l’auteur d’une quinzaine de thrillers. Ses livres sont traduits dans 26 langues, et certains ne sont pas encore traduits en français, espérons que ça soit le cas un jour. En France, ses romans sont édités aux Editions Métailié et le format poche chez Points et traduit par Éric Boury, célèbre pour des traductions d’auteurs islandais.

 

Son œuvre

On peut découper son œuvre en deux parties : la série Erlendur Sveinsson, son enquêteur fétiche, et ses one-shots.

Série Erlendur (par ordre de lecture)

  • La cité des jarres
  • La femme en vert
  • L’homme du lac
  • Hiver Arctique
  • Hypothermie
  • La rivière noire
  • La muraille de lave
  • Etranges rivages
  • Le duel
  • Les nuits de Reykjavik
  • Le lagon noir

One-shot 

Série Trilogie des ombres (Trilogie se déroulant durant la Seconde Guerre Mondiale)

 

J’ai une nette préférence pour les livres où l’on retrouve Erlendur. On le découvre dans La cité des jarres, il est un enquêteur taciturne, un peu asocial sur les bords et hanté par son passé et la disparition de son jeune frère lorsqu’ils étaient encore de jeunes enfants, perdu dans une tempête de neige une sombre journée d’hiver. Son cadavre ne sera jamais retrouvé. Ce traumatisme marquera Erlendur toute sa vie. Il développera une véritable passion pour les histoires de disparitions inexpliquées, il est très documenté et a une bibliothèque remplie d’ouvrages concernant ces faits divers.  Erlendur a raté sa vie de famille, sa relation avec ses enfants est très compliquée, avec son ex-femme, c’est pire. Lorsqu’il n’enquête pas, il lit, rideaux fermés en été lorsque le soleil est éternel. Il est un flic nostalgique de l’Islande d’autrefois, quand elle n’était qu’une petite île habitée par une majorité d’éleveurs de moutons et de pêcheurs, avant qu’elle ne subisse l’assaut des banques, des financiers, et qu’elle ne subisse de plein fouet la crise de 2008 qui mènera le pays à une quasi banqueroute.

Les histoires de la série Erlendur sont construites systématiquement de la même manière : d’un côté l’enquête au présent, celle qui se passe à notre époque, et de l’autre, une enquête qui trouve son fondement dans le passé et qui poussera Erlendur à enquêter durant son temps libre.  On le suit avec deux de ses enquêteurs, aussi attachants l’un que l’autre et on voit au fil du temps leurs évolutions aussi bien sur le plan moral que personnel. Le fait qu’il y ait deux enquêtes est un peu déroutant au début, mais au bout du deuxième livre quand on a compris la mécanique de l’auteur, ça devient la norme et on sait, quand on commence un livre d’Indridason, qu’on va se retrouver dans ces deux histoires simultanées.

Ce qui n’est pas aisé non plus, ce sont les noms des personnages et des lieux, qui peuvent rendre difficile la lecture. Morceaux choisis : Elinborg, Erlendur, Sigurdur Oli, Gudlaugur, Hafnarfjördur, Ösp, Sindri, Skarphédinn… et si j’ajoute les noms de famille, c’est bon, je vous perds ! 🙂   Et ça serait dommage que vous passiez à côté ! J’ai failli arrêter plusieurs fois le premier, la Cité des jarres, tellement je me suis mélangée les pinceaux et que du coup je n’y comprenais rien!  Ce que je vous conseille, c’est de prendre un minimum de notes. Un petit post-it glissé dans votre livre vous aidera à passer le cap des noms nordiques un poil compliqués. Encore aujourd’hui, malgré le fait que je sois une grande habituée des thrillers islandais, et de l’Islande en général car je m’intéresse beaucoup au pays, j’ai encore du mal et je m’y perds un peu si je ne note pas les noms des personnages !

Le rythme d’écriture est parfois lent, l’enquête également, il n’y a pas un rebondissement à chaque chapitre mais après avoir lu plusieurs auteurs islandais, c’est la norme. A croire que leur manière d’écrire est à l’image de leur manière de vivre dans le pays. Attention hein, je vous vois venir, ça ne veut pas dire que ça tire en longueur, loin de là! Il arrive à nous captiver à chaque fois!

L’auteur évoque souvent l’histoire de son pays, occupé un temps par l’armée américaine, soumis aux restrictions d’un embargo, ses dérives aussi, cette société gangrenée par la corruption, ses politiques véreux qui tiennent sous leur coupe les journalistes…  Indridason se plaît à multiplier les meurtres homophobes, les agressions sexuelles, dans ce pays pourtant si calme et sécuritaire. Il est d’ailleurs parfois décrié par certains intellectuels islandais qui disent qu’il y a plus de meurtres dans les livres d’Indridason que durant une année complète au pays !

à noter que La Cité des jarres a été adapté au cinéma, on a un peu de mal à le trouver sur internet mais en cherchant bien, on trouve! Je l’ai trouvé assez fidèle au livre.

Contrairement à d’autres auteurs islandais, Arnaldur Indridason a l’art de mettre en avant la beauté et la rudesse des paysages de son île. Le véritable personnage central de ses livres, c’est la Nature en elle-même. La Nature qui décide d’un effondrement sous-terrain qui aura pour conséquence de vider un lac dans la région de Reykjanes et qui fait remonter à la surface un cadavre vieux de plusieurs années, la Nature qui lui a enlevée son frère, la Nature et ses lacs, ses volcans capricieux et ses glaciers, la Nature et son froid glacial… Il évoque la grandeur de ses paysages avec un tel amour qu’au troisième livre, je me suis dit « tiens ça a l’air sympa je vais regarder des photos sur google ! ». 30 jours plus tard, j’atterrissais à Reykjavik, 31 jours plus tard je suis tombée amoureuse de l’Islande. C’était en 2014, j’y suis retournée 8 mois après, et j’y retourne à  nouveau dans une soixantaine de jours. On pourra dire qu’Indridason est plus qu’un auteur pour moi, il m’a permis d’avoir le plus grand coup de foudre de ma vie, celui pour ce pays où je me sens plus chez moi qu’en France. Alors si un jour j’ai la chance de le rencontrer au détour d’un café de Reykjavik ou dans un salon littéraire, je lui dirai juste « Merci Monsieur, vous avez changé ma vie! ».

 

Pour aller plus loin

Ma chronique de La Femme en vert (cliquez sur le lien) qui est pour moi son ouvrage le plus magistral, un bijou de la littérature nordique et Le Lagon noir (et cliquez sur le lien là aussi tant qu’à faire!) =)

 

 

imageLac de Kleifarvatn, qui donne son nom à L’homme du lac. Photo de mon 1er voyage sur place.

Nordique

Snjór – Ragnar Jónasson

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Aujourd’hui, je vous emmène en voyage à Siglufjörður ! Ceux qui me connaissent savent à quel point l’Islande est un pays cher dans mon cœur, j’y suis allée deux fois, j’y retourne une 3è fois prochainement et un jour il est certain que je poserai définitivement mes valises là-bas ! Il était donc impensable que je ne lise pas très rapidement ce thriller venu de ce petit bout de caillou perdu au milieu de l’Atlantique Nord ! Je suis une très grande fan de la littérature islandaise que j’ai découverte grâce au Maître Indridason il y a 3 ans de ça…

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Le tatouage islandais qui s’accorde bien avec mon livre

Snjor est le premier livre d’une série de thrillers de l’auteur islandais Ragnar Jonasson. L’action se déroule dans la petite ville de  Siglufjörður, charmante petite ville du nord du pays. Par ville, entendez plutôt grand village… Là-bas, tout le monde se connaît depuis plusieurs générations. C’est dans cette ville que Ari Thor, jeune policier de 25 ans habitant Reykjavik, obtient son poste. Il part seul, sans sa fiancée qui refuse de le suivre dans cette lointaine contrée. C’est donc seul et en plein milieu de l’hiver qu’Ari Thor débarque. Il ne connait personne, la ville est isolée, uniquement accessible par la mer ou par un unique tunnel régulièrement coupé en raison d’une météo cataclysmique et d’avalanches régulières. On l’a prévenu, à Siglufjörður, il ne se passe rien… Noël passe tranquillement.  Ari Thor ne se sent pas bien depuis son arrivée. Il est constamment en proie à une importante claustrophobie. Il étouffe dans cette ville encerclée de fjords, il étouffe dans cette maison où il ne se sent pas bien, il étouffe quand il apprend qu’un avalanche a coupé l’accès au tunnel. Il est comme un étranger, dans cette ville où tout le monde se connaît. Certains l’acceptent, d’autres lui font ressentir cette différence. Et puis arrive un accident, Hrolfur, célèbre écrivain à la retraite et responsable de la troupe de théâtre, est retrouvé mort. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un accident. Et puis, quelques jours plus tard, c’est la femme d’un acteur qui est retrouvée à moitié nue et ensanglantée dans son jardin. Deux morts suspectes en l’espace de quelques jours dans cette contrée reculée, c’est plutôt rare, et ça éveille les soupçons d’Ari Thor qui entame donc la première enquête de sa carrière ! Commence alors une enquête lente, rythmée par les caprices de la météo et de Tomas, son responsable hiérarchique. Une mise en abyme d’une autre histoire ponctue l’histoire principale. On ne sait ni où, ni qui elle concerne. On sait juste qu’il s’agit d’une agression. Le lien se fera, entre les deux, à la fin du livre.

Si vous avez déjà lu des thrillers islandais et que vous avez apprécié, vous aimerez sans doute comme moi ce livre car il s’inscrit pour moi dans la plus pure tradition des polars du grand nord. Les auteurs et réalisateurs (pour ceux qui ont regardé la série Trapped par exemple) aiment ancrer leurs histoires en plein cœur de l’hiver, quand la nuit est constante, quand il fait froid et que la météo est capricieuse.
Ne vous attendez pas à une enquête avec des rebondissements à chaque page, ce n’est pas ça, et ce n’est pratiquement jamais le cas dans les thrillers islandais.  L’enquête est lente, le premier mort tarde d’ailleurs à arriver. La mise en place de l’action dans le décor est longue et pourrait décourager les lecteurs avides de sensations fortes. Le personnage d’Ari Thor est, je trouve, très négatif (autre point commun avec les personnages principaux islandais, à l’image d’Erlendur dans les thrillers d’Indridason). Il broie du noir, il est angoissé, il est maladroit, manque de maturité et est  très gauche dans son rapport avec les habitants et les femmes de sa vie. Il ne connaît son métier de policier que par le temps qu’il a passé sur les bancs de l’école de police, il cherche à s’affirmer. Mais tout n’est pas négatif, il aime fouiner et il arrive à faire aboutir sa première enquête. . La claustrophobie d’Ari Thor se répercute au fur et à mesure sur le lecteur. Nous-mêmes nous sentons oppressés pendant l’histoire ce qui ajoute un côté noir et glauque… Le climat cataclysmique rythmé par des tempêtes de neige, la nuit quasi perpétuelle à cette période de l’année renforce notre sensation d’étouffement. On a envie de partir, de fuir ce village, comme lui, s’échapper de ce huis clos… pour bien connaître ce pays, l’atmosphère décrite au niveau des relations humaines est vraiment très réaliste ! Ari Thor est vraiment perçu comme un étranger alors qu’il est dans son pays, il est le centre de toutes les attentions et il est vrai que j’ai ressenti exactement la même chose quand j’y étais. Tout le monde vous dévisage et cherche à savoir qui vous êtes, et ce que vous faites là, pas forcément avec animosité, mais on sait directement qu’on n’est pas chez nous.
Le livre se lit bien, néanmoins je vous conseille de prendre quelques notes au niveau des noms des personnages qui sont assez nombreux. Pour vous donner un petit exemple, il y a Leifur, Rholfur, Ulfur, Arni, Palmi……… bon ok j’arrête là ou je vais vous perdre, ou vous allez prendre peur et ne pas vouloir le lire ! La fin laisse une porte ouverte vers une suite, espérons qu’elle sera traduite en français ! En tout cas, je répondrai présente pour la suite !

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Polar/thriller français

Tu ne manqueras à personnes – Alexis Aubenque

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Ayant terminé récemment Ne crains pas la faucheuse sur un suspens d’enfer, je ne pouvais que continuer avec Tu ne manqueras à personne, le second livre de la série Pacific View d’Alexis Aubenque.

 Tu ne manqueras à personne commence rapidement par la découverte d’un cadavre, un jour de rentrée, dans un lycée de Pacific View. La mise en scène est macabre, le corps est retrouvé dans les toilettes, la tête est tranchée et posée sur ses jambes. Qui a bien pu s’en prendre ainsi à une adolescente apparemment sans histoire ? C’est ce que vont essayer de découvrir l’équipe de policiers Gregory Davis et Veronica Bloom, ainsi que Faye, la tenace journaliste amie de Veronica.

 

Nous retrouvons donc dans ce livre les personnages dont nous avons fait la connaissance dans le précédent opus. L’enquête est nouvelle certes, mais un parallèle est fait avec certains événements qui se sont passés dans le premier opus,  et qui ont des répercutions sur la vie de certains personnages. On retrouve également avec plaisir des personnages que nous avons rencontré dans les précédentes séries d’Alexis.  L’auteur arrive, à chaque série, à nous attacher à ses personnages, à tel point que quand il arrive malheur à l’un d’entre eux, ton sentiment c’est juste « mais pourquoiiiiiiiiiii !!! ». (Je conseille d’ailleurs aux lecteurs de lire les séries dans l’ordre. D’abord, parce que l’écriture d’Alexis évolue, ensuite, parce que c’est agréable de retrouver au sixième ou septième livre des personnages rencontrés dans les tomes précédents.). Vous pouvez Cliquer ici pour voir l’ordre de parution

Les intrigues d’Alexis Aubenque se font plus piquantes, les meurtres deviennent plus violents et les mises en scène plus élaborées. Toi, en bon lecteur avisé de thrillers, tu mènes l’enquête en même temps que des personnages, tu soupçonnes, tu accuses… D’ailleurs dans l’enquête, tout le monde est soupçonné tour à tour. L’enquête est sanglante, certaines failles policières provoquent des bavures et il y aura de très nombreux dommages collatéraux pendant l’enquête. Coup de théâtre à la fin du livre, quand tu comprends enfin la vérité. Celle-là, je ne l’avais pas vue venir !

Cet opus laisse à nouveau une porte ouverte vers une suite, parce que les mystères et zones d’ombre qui gravitent autour de Gregory Davis sont loin d’être résolus.

A force de lire cet auteur et d’en faire des chroniques, je ne sais plus forcément quoi dire pour vous convaincre de foncer et de vous laisser embarquer par la plume d’Alexis Aubenque !

Je le remercie d’ailleurs, ainsi que les Editions J’ai lu, pour m’avoir envoyé ce livre à sa sortie.

Non classé, Polar/thriller français

Mardi Conseil #2 – Gilles Caillot

Aujourd’hui sur la Twittosphère, c’est #MardiConseil. L’occasion pour moi de revenir sur des livres lus les derniers mois ou dernières années, avant que je ne commence mes chroniques.

Mon blog étant tout récent, je voulais donner une place de choix à mon auteur préféré.

Coup de projecteur donc sur Gilles Caillot.

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Qui est-il ?

Gilles Caillot est un auteur lyonnais. Son truc à lui c’est principalement le thriller gore, le très violent, le qui « décoiffe ta tête de lectrice sans te faire bouger de ton fauteuil », celui qui te remue les tripes, du lourd quoi! à ne pas mettre entre les mains des lecteurs un peu sensibles…

Sa bibliographie

On peut décomposer son oeuvre en 3 parties :

La quadrilogie Zanetti : Les ailes arrachées des anges, Immondanités, Reminiscence, L’ange du mal.

3 one-shot : L’apparence de chair, Bas-fonds, Lignes de sang

Son dernier livre et premier thriller psychologique : La couleur des âmes mortes

Je ne vais pas vous faire ici le résumé de chacun parce que l’article risque d’être un peu long… Je vais simplement vous faire part de mon sentiment de lectrice concernant la quadrilogie Zanetti et La couleur des âmes mortes.
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La quadrilogie Zanetti

Elle est et restera encore un moment je pense le coup de cœur de ma vie de lectrice. J’y ai découvert du politiquement incorrect, des scènes super difficiles, des rebondissements en fin de chapitre sans que tu t’y attendes. Cette quadrilogie nous plonge dans les enfers de la société, on est loin du gentil petit polar où le flic mène sa gentille petite enquête sur un meurtre quelconque. Les thèmes abordés sont très durs, les scènes sont parfois d’une horreur absolue, il y a des scènes de tortures, de cannibalisme, des autopsies, et pour la première fois de ma vie j’ai eu la nausée en lisant un passage d’un de ces livres… Toute l’histoire s’imbrique parfaitement, page après page, tome après tome. Gilles manie avec précision la manipulation de ses lecteurs, il te balade, c’est lui qui te mène sur de fausses pistes avant de t’attraper et de te faire revenir à la réalité, à sa réalité à lui, à son histoire telle qu’il veut te la faire lire.

J’ai pris 1000 pages de claques dans la schness (pour les non-lorrains ça veut dire « la gueule » 😀 ) J’ai été bluffée, j’ai eu le souffle coupé, j’ai mis plus d’un mois à m’en remettre. J’ai connu la fameuse « Dépression littéraire » dont je parle régulièrement, pendant laquelle je n’ai pas réussi à enchaîner sur d’autres livres tellement je trouvais tout ce que je lisais fade et commun.

L’évolution de l’écriture et ses débuts dans le thriller psychologique

Concernant La couleur des âmes mortes, il s’agit du p’tit dernier, paru aux éditions du Caïman. Ici changement de style, on laisse de côté le gore pour aller du côté non moins difficile de la souffrance psychologique. C’est dur, c’est bouleversant, ça nous fait nous poser un certain nombre de questions « Qu’est-ce que je suis prêt à faire pour retrouver et punir l’assassin de notre enfant? Jusqu’où suis-je prêt à aller? »

Inexorablement,dès le premier chapitre, je suis embarquée dans l’histoire sans plus pouvoir m’en défaire. Ce livre est une descente aux enfers psychologique, celle d’un père qui veut venger la mort de sa fille. Cette vengeance apportera son lot de dommages collatéraux. Le narrateur change régulièrement, parfois à la première personne, parfois à la troisième… On est tantôt omniscient, tantôt simple spectateur de ce que l’auteur veut bien nous montrer. La lecture est parfois vraiment difficile, parce que le sujet de la pédophilie est délicat à traiter. Cependant il n’est pas tombé dans le piège en mettant en avant des scènes pédophiles insupportables, ce qui aurait eu pour effet de donner au livre une odeur de voyeurisme malsain qui, je pense, ne m’aurait pas plu. Je ne dis pas que c’est une balade bucolique ce livre. Non. C’est cru, c’est noir et douloureux même pour des personnes comme moi qui ne sont pas parents.

C’est bon, c’est très bon, c’est écrit d’une main de maître, et ça a reçu dernièrement le prix Les Petits Mots des Libraires.

Le prochain roman de l’auteur sera à nouveau un thriller psychologique et les quelques extraits dévoilés par l’auteur sur les réseaux sociaux ne font que renforcer mon impatience à l’avoir entre les mains! Il faudra néanmoins être patient et attendre encore quelques mois.

[ Bref, j’ai eu un coup de foudre littéraire ]

 

Polar/thriller français

Ne crains pas la faucheuse – Alexis Aubenque

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Avec Alexis Aubenque, pas de surprise. Avant même d’ouvrir la première page du prologue, je sais que je vais direct accrocher au livre que je m’apprête à lire… Ne crains pas la faucheuse est le premier livre de la série Pacific View. J’avais adoré la série de River Falls, comme je vous l’ai déjà mentionné dans des chroniques il y a quelques semaines de ça.


Ne crains pas la faucheuse, c’est l’histoire d’un meurtre (non, sans blague Anaïs ? :)) : le corps d’un homme mutilé et émasculé est retrouvé dans sa baignoire. Sur le miroir, cette phrase intrigante écrite au rouge à lèvres « Ne crains pas la faucheuse ». L’enquête est confiée au nouveau lieutenant de police de Pacific View, Gregory Davis, et au sergent Bloom. Davis est arrivé récemment dans cette ville avec ses deux enfants, après avoir hérité de l’immense fortune d’un grand oncle. L’enquête prend alors un tournant inattendu lorsque le principal suspect se révèle être un notable de la ville.


Comme toujours, la plume d’Alexis me kidnappe dès la première page pour m’emmener dans cet univers très américain qu’il sait si bien décrire. J’ai encore plus apprécié ce livre que ceux de la série River Falls car je trouve le style plus percutant et les meurtres plus durs que ceux dans les précédents thrillers de l’auteur. L’enquête est toujours complexe, menée d’un côté par l’équipe de flics, de l’autre par des journalistes teigneux mais néanmoins attachants. Au programme tous les ingrédients qui font d’un livre un bon thriller : fausses pistes, rebondissements, victimes au-dessus de tous soupçons qui se retrouvent finalement suspectées…


La fin est comme un feu d’artifice, ça explose dans tous les sens. Là, tu crois que c’est terminé, et tu t’en reprends une couche pendant les épilogues, qui laissent une porte grande ouverte pour le seconde tome « oh mon dieu faut que je lise le second tout de suite !!! » Heureusement d’ailleurs que le deuxième tome m’attendait dans la bibliothèque parce que ça m’aurait rendue dingue de devoir attendre un an alors que je finis mon livre sur un suspens de tous les diables !

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Aux creux de nos demains – Bastien Perchet

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Le mardi sur la Twittosphère, c’est #MardiConseil ! Alors je vous en fait profiter ici ! Je vous rappelle que je vais vous présenter régulièrement les livres qui m’ont faite vibrer avant que je ne commence mes p’tites chroniques, quand j’étais encore une lectrice solitaire, absente des réseaux sociaux littéraires. Aujourd’hui, je vais donc vous parler du premier livre du jeune auteur auto-édité Bastien Perchet que j’ai lu l’été 2015.


Dans ce livre, on suit Alexandre, un jeune auteur alcoolique et dépressif. Un jour, il découvre dans sa baignoire le cadavre d’une prostituée, ce qui n’arrangera pas son état psychologique. Commence alors une quête de vérité, aussi troublante que déstabilisante. L’écriture est mature, le livre t’embarque à 100 à l’heure, et tu imagines toutes les hypothèses, tu essaies de faire la part entre cauchemars et réalité. Alexandre, sous la plume de Bastien, te fait oublier comment tu t’appelles tellement le jeu psychologique dans lequel t’embarque l’auteur est machiavélique. Et pour finir… ben on reste dans l’incertitude, la fin laisse une porte ouverte, et tu restes encore avec tes interrogations.

Une très belle réussite et je suis très fière de dire que je suis une des premières lectrices de cet auteur! Le second livre est en cours, il faudra être encore un peu patient…

Polar/thriller français

RIP -Patrick Caujolle

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En ce moment, je suis friande de découvertes et de nouveaux auteurs. Non pas que je me lasse des auteurs les plus connus que j’apprécie, mais c’est surtout que j’en ai marre de lire la même chose que tout le monde au même moment (bon ok, j’ai lu le dernier Thilliez les jours suivants sa sortie telle la groupie que je suis…).

R.I.P, c’est d’abord l’histoire d’un meurtre : une auteure est retrouvée assassinée pendant un salon du livre. Son cadavre pourrait laisser penser dans un premier temps à un accident, jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il lui manque une main. Puis les découvertes macabres se poursuivent, d’autres cadavres, tous des femmes, tous amputés d’un membre… Commence alors une enquête menée par deux enquêteurs que tout oppose, Gégé, flic à l’ancienne, ayant un goût un peu trop prononcé pour l’alcool, et une jeune recrue de la PJ.


Décidément, ce que j’aime le plus dans mes lectures, ce sont quand les anciens flics (ou flics tout court), se mettent à l’écriture. J’aime le polar pur et dur, j’aime suivre l’enquêteur, j’aime enquêter en même temps que lui pour essayer de trouver l’assassin. Ce que j’adore chez ce genre d’auteurs, c’est qu’on a juste l’impression de lire une partie de leur autobiographie en fait. Le style est simple, les dialogues sont vrais, réalistes, j’ai l’impression d’être une journaliste qui a sa caméra sur l’épaule et qui suit le quotidien d’une brigade. Philippe Caujolle sait de quoi il parle, il connaît la réalité du terrain, les difficultés, la pression exercée par les hauts fonctionnaires et les médias lorsque l’enquête piétine. L’enquêteur est un peu cliché, divorcé, frisant l’alcoolisme, mais il en reste néanmoins attachant et j’ai souri régulièrement durant ma lecture sur les notes d’humour que disperse régulièrement l’auteur.
Je recommande!

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Yeruldelgger – Ian Manook

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Une fois n’est pas coutume, j’ai arrêté mon livre… J’en avais lu pourtant le plus grand bien, et c’est vrai que les 200 premières pages ont filé comme un éclair.

J’ai vraiment accroché, des meurtres dès le début, des meurtres pas banals, dont un dans une province reculée de Mongolie. L’enquêteur principal et un peu borderline au nom imprononçable, Yeruldelgger, est sympathique et on s’attache direct à lui… Sauf qu’au bout de la 200è page j’ai commencé à m’ennuyer, j’ai dû mettre cinq jours à lire les 150 suivantes pour finalement lâcher l’affaire… Je déteste laisser un livre en cours de lecture, mais là vraiment, j’arrivais plus à continuer. Trop de descriptions de paysages, trop d’énumérations de faits historiques qui viennent parasiter le récit (le meurtre est peut-être lié à l’Histoire du pays me direz-vous…) Je suis pourtant habituellement friande de descriptions de paysages, j’ai beaucoup accroché à Arnaldur Indridason lors de la lecture de sa bibliographie, à tel point que quelques semaines après j’ai pris mes premiers billets d’avion pour l’Islande, tellement il m’a donné envie de découvrir le pays!


Pour moi, un livre qui accroche, c’est un livre que je n’arrive pas à lâcher, auquel je pense quand je me couche et quand je suis au boulot « et dire que je pourrais être en train de lire….« . Là, ce n’était pas le cas, et je garde en souvenir quelques soirées où je me posais dans le canapé à me dire « je lis ce soir » et finalement je passais la soirée sur Pinterest ou devant la télé (chose encore plus rare!). Du coup, je me suis dit que c’était peut-être lié à mon très grand intérêt que j’ai eu pour la lecture du nouveau Thilliez, je me suis dit « ma fille, t’es encore en dépression littéraire« . Alors j’ai laissé mon marque page, page 350, et j’ai entamé un autre livre pour voir si j’étais dans le même état… Et bien non… J’ai tanné le deuxième livre commencé en moins de 24h, preuve que je ne suis pas en dépression littéraire… Je risque de le reprendre un jour, j’ai noté les noms des personnages récurrents et ai un peu résumé ce que j’avais lu pour me rafraîchir la mémoire le jour où je lui donnerai une deuxième chance…

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Mardi Conseil #1

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Chaque semaine sur Twitter, je participe à #MardiConseil je me suis dit que ça serait sympa de partager ici mes anciennes lectures, chaque mardi…


Pour commencer, je vous parle d’un de mes auteurs préférés, Arnaldur Indridason. Ce livre est pour moi son meilleur, bouleversant de par son écriture, magistral dans sa description des paysages islandais, magistral dans son récit sur la société islandaise, magistral au niveau de son enquête qui le ramènera quelques 50 ans dans le passé.
C’est le premier auteur de polar nordique que j’ai lu et je peux dire qu’il a changé ma vie car c’est grâce à lui que j’ai découvert la merveilleuse île d’Islande… pour la petite anecdote, au bout de 3 lectures je me suis dit « tiens ça a l’air sympa l’Islande« … 3 semaines pile après je m’envolais pour ce merveilleux pays dont je suis tombée amoureuse, et le 3è retour sur place est prévu en septembre prochain.


À quand l’aller simple? Un jour, c’est certain!