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L’île des hommes déchus – Guillaume Audru

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Ça faisait un moment que j’avais prévu de lire ce livre, et puis le temps passe, et puis il y a toujours tout un tas de livre que je veux lire tout de suite, là, maintenant… Et puis un appel sur Facebook, l’auteur, Guillaume Audru, recherche quelques lecteurs pour partager quelques pages de son prochain livre. Je me porte évidemment volontaire, sauf qu’il faut avoir lu le livre précédent avant d’entamer la lecture d’une partie du manuscrit. Voilà chose faite! Le livre a été publié aux Editions du Caïman.

 

L’île des hommes déchus se déroule sur l’île écossaise de Stroma, habitée par quelques âmes constituant une paisible communauté sur ce petit bout de terre agité par le vent tempétueux et les embruns. Eddie, enfant du pays, revient ses les terres de son enfance suite à une proposition d’emploi de son père, Roy. Eddie accepte, il vient de raccrocher son uniforme de flic en ville et il semble un peu paumé, mais prêt à reprendre la boutique de souvenirs familiale. La relation entre le père et le fils est froide et tendue, inexistante avec sa mère qui est complètement effacée. La vie s’écoule paisiblement, jusqu’à la découverte d’ossements humains, qui semblent dater de plusieurs années, sur un chantier de construction. L’enquête est confiée à Moira, l’ancienne petite amie d’Eddie qui est également flic. C’est également pour elle un douloureux retour au pays, on comprend au fur et à mesure de la lecture quels drames ont fait d’elle la pestiférée qu’elle semble être aux yeux des insulaires. C’est donc dans un climat de haute tension que l’enquête est menée, jalonnée par des menaces incessantes des notables de la région et de leurs nombreuses tentatives de ralentir ou enterrer l’affaire.

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Conscience animale – Franck Thilliez

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J’ai découvert Franck Thilliez il y a plusieurs années et il a été un des premiers auteurs de thrillers français que j’ai lu, mon premier coup de cœur, longtemps sur la première place de mes auteurs préférés. Conscience animale est le premier livre qu’il a écrit, mais je viens seulement de le découvrir car il est quasi impossible de le trouver en format papier dans le commerce. Il a bien été publié en 2002 chez Cy Editions, mais il est depuis introuvable et selon l’auteur, une réédition n’est pas prévue.

 

Conscience animale commence par les retrouvailles entre deux amis. L’un, Warren, est bien installé dans sa vie famille familiale, il est marié avec Beth, gentille épouse effacée, ils ont deux jumeaux, Tim et Tom, il a un travail commun, ils vivent dans une jolie maison, tandis que l’autre revient de plusieurs années de voyages en Afrique où il a été confronté à des situations et des événements hors du commun. La soirée se déroule sans encombre, ils se promettent de se revoir régulièrement. Et puis la petite vie de Warren commence à s’assombrir : ses poissons meurent nuit après nuit, deux petits trous sur leur corps, puis c’est au tour du chien. D’un autre côté, on nous fait part de meurtres sauvages : morceaux de peau, de muscles arrachés, jambes découpées, les meurtres sont gores, barbares, sanglants et nombreux. L’enquête est confiée à celui qui deviendra le personnage récurrent de l’auteur, l’inspecteur Sharko, jeune homme marié et jamais confronté à une affaire comme celle-ci. Commence alors une véritable plongée en enfer, dans l’univers barbare d’un groupe sectaire, où sorcellerie et rites vaudou sont pratiqués par des personnes enrôlées par un « gourou » manipulateur. On découvrira alors le côté obscur, animal, bête féroce de l’être humain…

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Pour te protéger – Stéphane Tinner

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C’est grâce aux réseaux sociaux que j’ai fait la connaissance virtuelle de Stéphane Tinner, auteur suisse qui a publié récemment son premier auto-édité, Pour te protéger. L’auteur m’a contactée pour me proposer son livre à chroniquer, et vu qu’il s’agit d’un thriller et en plus auto-édité, je n’ai pas hésité un seul instant!

Pour te protéger, c’est l’histoire de Guillaume, jeune trentenaire issu de la haute société Suisse, qui est recontacté par son ex Sara. Alors que Guillaume file le parfait amour avec Emily, et qu’ils vont apprendre très rapidement qu’elle est enceinte, il est contacté sur Facebook par son ex, la sulfureuse Sara qui l’a abandonné il y a dix ans sans un mot, le laissant dans un difficile chagrin d’amour. Quand Sara lui propose d’aller boire un verre, Guillaume n’hésite même pas. Alors que sa fiancée s’occupe de préparer leur mariage, il se rendra dans une chambre d’hôtel de Genève, lieu du rendez-vous (Goujat!!!) . Sauf que ce n’est pas Sara qui l’attend, mais un mystérieux inconnu qui lui apprendra qu’un enfant est né de sa relation avec Sara, et que s’il veut les retrouver tous les deux vivants, il devra lui verser une très forte somme d’argent.

 

Le style d’écriture de Stéphane est agréable, il n’y a que peu de coquilles dans le livre et le jeu d’écriture est agréable et n’est pas lourd ni pompeux, ce n’est pas une écriture qui nous triture le cerveau, c’est écrit simplement et honnêtement. C’est une écriture récréative, on se laisse porter par le récit et les pages s’enchaînent rapidement.

L’action commence assez rapidement, Sara recontacte Guillaume dans les premières pages du livre, la rencontre intervient assez tôt et donc, la rencontre avec l’élément perturbateur aussi. Je me suis dit que du coup le livre allait continuer sur ce rythme. Pourtant, pendant toute la première partie du livre, ce sont les relations de couple qui ont été mises en avant, au détriment de l’action visant à sauver son fils prisonnier. Les passages évoquant la relation entre Guillaume et Emily, son actuelle compagne, et surtout les passages qui se déroulent 10 ans plus tôt avec Sara sont trop présents pour moi. Je n’aime pas, dans mes lectures, retrouver trop de passages amoureux, pleins de bons sentiments, assister à des scènes d’amour entre un couple qui s’aime etc. Parce que ce n’est pas mon type de lecture, et j’insiste sur ce point car certains lecteurs avec des goûts plus soft y trouveront très certainement leur compte (Julie-Anne si tu me lis!) car il faut vous souvenir de ce que j’ai détaillé plus haut, je trouve que c’est un livre qui est bien écrit!

Et puis arrive la dernière partie du livre, sur la dernière centaine de pages environ. Et là on rentre vraiment dans le vif du sujet, dans l’enquête, dans le dénouement final qui est cohérent et bien travaillé. On assiste au dénouement aussi bien du côté des enquêteurs, que de l’ensemble des protagonistes, le livre étant écrit à la 3è personne permet d’avoir un point de vue d’ensemble. Alors que certains auteurs ont la fâcheuse tendance de bâcler la fin, Stéphane a réussi à nous tenir jusqu’à l’épilogue, en détaillant tous les rouages de l’histoire.

Je reste donc, grâce à la focale faite sur l’enquête à un tournant de l’histoire, sur une impression assez positive. Je pense que ce livre peut convenir aux lecteurs de thrillers qui sont plus modérés que moi et qui n’ont pas forcément besoin de cadavres en bouillis, de meurtres violents, pour pouvoir prendre leur pied.

Je remercie par ailleurs Stéphane pour m’avoir accordée sa confiance en mon confiant son premier bébé pour chronique!

 

 

 

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Néant – Mickaël Parisi

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J’ai été contactée sur Twitter par l’auteur lui-même, Mickaël Parisi, qui m’a proposé la lecture de son ebook auto-édité. J’ai trouvé la demarche intéressante, sachant que j’aime bien découvrir de nouvelles plumes et que je m’intéresse au monde de l’auto-édition. L’auteur m’avait prévenu, il ne s’agit pas d’un thriller à proprement parlé, mais d’un livre où il faut avoir une certaine ouverture d’esprit tant il est trash. Ça a donc piqué ma curiosité, moi qui n’aime pas le politiquement correct et l’édulcoré.

 

Néant, c’est l’histoire de Marlon, gratte papier au service nécrologie d’un journal, qui est en proie à  une sorte de trop plein. Trop plein de hiérarchie, trop plein d’ordre établi, trop plein de gens, trop plein de la société… Il a des tendances suicidaires, mais n’ose pas passer le cap, il a peur de se rater, peur de l’après… Il est virulent, asocial et antisocial, anarchiste et nihiliste… Il ne trouve pas sa place dans cette société qu’il vomit.  A l’aide de l’organisation Gang des zombies, il décide d’organiser sa disparition en faisant croire qu’il est mort dans un incendie. Il assistera à son enterrement, à la cérémonie, déguisé et tapi dans le fond de l’Eglise. En contrepartie, Marlon devra œuvrer pour eux, réaliser diverses tâches. La question est de savoir comment il va se sortir de tout ça !

 

J’ai deux sentiments contradictoires après la lecture de ce livre

J’ai dans un premier temps beaucoup aimé le début : l’histoire du mec tellement à bout mais qui n’a pas le cran de se suicider, qui orchestre sa propre mort, qui assiste à son propre enterrement et qui recommence une nouvelle vie… Ça change de ce qu’on lit habituellement et j’ai trouvé que ça commençait de manière originale. L’analyse que Marlon fait de l’ensemble de la société est mordante, sans concession ni langue de bois. Clairement, je me retrouve beaucoup dans son sentiment de rejet de la société, à certains moments je me suis dit que j’aurais pu écrire ces mots, un jour où j’aurais été mal lunée et où j’en aurais voulu à la terre entière. Tout le monde en prend pour son grade : la hiérarchie, les femmes, les sdf, les prostituées, la cellule familiale, l’esclavagisme lié au travail, l’amour, l’amitié…

Cependant,  bien que j’ai aimé dans les premiers temps les critiques virulentes qui étaient faites, plus j’avançais dans ma lecture plus ça avait tendance à me fatiguer et à me peser parce que ça freinait l’avancée de l’histoire et qu’à un moment j’ai juste envie de lui dire « arrête tes polémiques et refais ta vie maintenant ! ». Je pense que le climat français ambiant y est pour beaucoup dans mon trop plein de négativité. Je sature beaucoup de tout ce qui se passe, je ne regarde plus les informations et me reprendre toute cette réalité dans la tête, c’était pas forcément quelque chose dont j’avais besoin. Donc ce qui veut dire que ce livre m’a touchée parce qu’il m’a amenée à une réalité que je ne veux pas forcément regarder en face pour l’instant (Appelez moi « l’autruche »)

 

Par ailleurs, j’ai trouvé le récit un peu fouillis, le style est lourd et  très riche aussi bien en dialogues qu’en longs passages proches du pamphlet. Clairement, ce livre est un OVNI dans le monde littéraire, il n’a pas une écriture traditionnelle. C’est déroutant et je dirai même que la lecture est fatigante dans le sens où rien n’est épargné aux lecteurs. La violence est dans les faits, la violence est verbale. Lorsque la violence s’arrête, c’est la condamnation de la société qui reprend, quand ce n’est pas ça, c’est une scène de sexe, brute, crue, animale qui reprend. Et ça durant tout le récit… Attention, ce n’est pas ça qui m’a dérangée dans le livre, il en faut beaucoup pour me choquer au point d’arrêter une lecture !

En gros, on ressort complètement chamboulé de cette lecture, le cerveau retourné, l’envie de se tirer sur une île déserte dans le grand nord pour fuir cette société…

Si vous aimez la belle écriture , les p’tites pâquerettes et les bouches en cœur, que vous êtes  un tant soit peu allergique aux grossièretés, passez votre chemin =)

Un livre à ne pas mettre dans toutes les mains, à conseiller aux lecteurs avisés qui n’ont pas froid aux yeux et qui apprécient les lectures controversées.

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Hollow City – Tome 2 de Miss Peregrine et les enfants particuliers – Ransom Roggs

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Attention : Je vous conseille de lire cet article uniquement si vous avez lu le Tome 1, Miss Peregrine et les enfants particuliers, car je vais résumer dans les grandes lignes cette histoire et je risque de vous spoiler involontairement le premier, et ça serait vraiment dommage!

Donc toi, lecteur qui souhaite découvrir cette série de livres et qui n’a pas lu le T1 : passe ton chemin et va voir ailleurs si j’y suis 🙂 

 

Trêve de plaisanterie… Hollow City reprend exactement où le premier tome s’est arrêté, ça a été flagrant pour moi qui ai lu les deux en quelques jours. On retrouve donc nos enfants particuliers dans de sales draps. Leur monde, tel qu’ils le connaissaient depuis de nombreuses années, a totalement volé en éclat : ils ont dû fuir leur boucle suite à une violente attaque d’Estres et de Sepulcreux, Miss Peregrine qui s’est transformée en oiseau est bloquée dans cet état animal et n’a plus la possibilité de revenir à sa forme humaine. Les enfants sont seuls, sans cette femme qui était leur mère de substitution, leur sauveuse, leur épaule… Ils apprennent que seule une autre ombrune pourra l’aider à redevenir celle qu’elle était, Miss Wren. C’est donc accompagnés de cet oiseau que les enfants décident de partir à travers une Angleterre bombardée par l’armée allemande en pleine deuxième guerre mondiale, pour trouver celle qui pourra les aider. Il faut faire vite, ils n’ont que trois jours pour espérer faire quelque chose, sans quoi leur ombrune restera à jamais un oiseau.

 

Si vous avez lu ma chronique du T1, vous avez lu un avis un demi-teinte : je ne savais pas si je l’avais apprécié, il y a des moments où j’étais littéralement collée à mon livre et d’autres où je trouvais le temps bien trop long. Et bien là, j’ai été servie en matière d’action, les moments de répit sont rares! Le livre commence sur les chapeaux de roue, pas de temps mort, le rythme est bien plus soutenu dans le T1 qui avait surtout pour vocation de planter le décor. Les enfants sont poursuivis par divers monstres qui cherchent d’une part, à s’emparer d’une des dernières ombrunes encore libre, et d’autre part à tuer les enfants particuliers.

Dans ce livre, on est toujours dans deux périodes, la contemporaine, et les années 40 où la Seconde Guerre Mondiale fait rage et qui est largement développée ici. On ne se retrouve qu’à de rares occasions de nos jours. Du coup, l’aspect guerre et nazisme est très développé. Les mots sont lâchés et nous rappellent les heures les plus sombres de notre Histoire :  « les bottes qui claquent », « expériences scientifiques », un Estre explique aux enfants qu’il ne veut pas »éradiquer les particuliers mais sauver leur race ».

Je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle entre la traque des particuliers et des gitans pendant quelques chapitres, par les Estres et Sepulcreux, et la traque et le massacre des juifs et de la communauté Tsigane durant la guerre.  D’ailleurs, c’est bizarre mais je n’arrive pas à coller une image de monstre (au sens propre du terme) aux Estres et Sepulcreux; la seule image qui me vient en tête durant ma lecture, ce sont des soldats en uniforme allemand et en grosses bottes coquées. Je sais très bien que ce n’est pas le cas, et que ces deux monstres n’ont pas de forme humaine, mais je ne sais pas pourquoi je n’arrive pas à me détacher de cette image.

Certaines scènes se passent pendant des bombardements. Les enfants se fondent dans la masse populaire de gens « normaux », assistent impuissants aux bombardements qui s’abattent sur Londres et qui font de nombreuses victimes autour d’eux. Ils ne peuvent pas intervenir, ils ne peuvent pas changer le cours de l’Histoire.

La personnalité des personnages est plus développée dans ce T2 : on retrouve Emma, meneuse tout feu tout flamme mais un poil bipolaire et colérique; Jacob, qui prend la mesure de la tâche qui lui incombe dans cette nouvelle vie, des nouveaux dangers qui vont parsemer son existence; Enoch, qui devient franchement pénible et sur lequel je ne pleurerais pas s’il lui arrivait quelque chose tant je le trouve insupportable (Ransom Riggs si tu m’entends….). Certains personnages passent carrément au second plan et sont très peu développés, je ne sais pas si c’est une réelle volonté de l’auteur mais je trouve ça un peu bizarre car le groupe avance ensemble, soudé dans cette quête et ce parcours du combattant…

Le fait que l’intrigue se déroule sur 3 jours nous donne un sentiment de course effrénée, de récit à cent à l’heure. L’auteur nous laisse peu de temps pour reprendre nos esprits. Je ne compte pas le nombre de chapitres pendant lesquels je me disais « allez à la fin de ce chapitre tu vas dormir parce que tu te lèves demain« … Et je continuais, encore, et encore, et encore… Le suspens est intenable et l’auteur arrive parfaitement à nous captiver, nous kidnapper dans son récit, pour nous relâcher à la dernière page…

Petits bémols : je note quelques incohérences mais je préfère ne pas développer ici pour éviter de trop vous en dire et de gâcher votre plaisir de lecture. Le passage d’une époque à une autre est aussi parfois un peu confus et il m’arrivait de me perdre un peu et de devoir revenir quelques pages en arrière pour savoir où j’en étais.

 

En conclusion, ce tome 2 a été a la hauteur de mes attentes. Je l’ai trouvé plus sombre que le précédent. Un étrange sentiment de pessimisme m’a envahi durant toute ma lecture. A raison, le rebondissement final est diabolique, imprévu, je ne l’ai pas vu venir tellement j’étais prise dans ma lecture! Pourtant quand j’y réfléchis, je me dis que forcément, ça devait se passer comme ça! J’ai refermé ce livre avec le profond sentiment d’être dans un autre monde, celui des particuliers…

 

 

 

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Miss Peregrine et les enfants particuliers – Ransom Riggs

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De retour après une semaine de vacances sportives en montagne, je n’ai eu que peu de temps pour lire ces derniers jours. Et c’est dans la voiture que j’ai terminé le livre de Ransom Riggs, commencé la semaine dernière…

 

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Miss Peregrine et les enfants particuliers, c’est l’histoire de Jacob, jeune américain issu d’une famille de la bonne classe moyenne, qui perd subitement son grand-père. Ils ont une relation particulière tous les deux, Jacob est sans doute plus proche de lui que de ses propres parents. De son vivant, son grand-père avait l’habitude de lui raconter des histoires effrayantes, des histoires de monstres. Petit, cela faisait frissonner Jacob, adolescent, il devient sceptique mais continue tout de même à les écouter, en pensant que finalement son grand-père déraillait un peu. Jusqu’au jour où son grand-père meurt dans ses bras, au fond du jardin. Il lui dit alors, avant de s’éteindre,  d’étranges choses qui ne cesseront de hanter Jacob. Un suivi psychologique est mis en place pour l’aider à passer cette épreuve difficile. Et puis arrive son anniversaire. On lui offre un livre ayant appartenu à son grand-père. Dans ce livre, une étrange lettre, signée d’une certaine Miss Peregrine. Il s’acharnera alors à découvrir qui est cette femme. Sa quête de vérité le mènera sur l’île de Cairnholm, quelque part au large du pays de Galles où il partira avec son père, ornithologue amateur. Là il découvrira que non seulement son grand-père n’était pas fou, mais qu’il existe bien un monde parallèle, une boucle, peuplée d’enfants particuliers et d’estres, d’ombrunes, de sépulcreux…

 

Tout ce que je peux vous dire pour l’instant, c’est que je ne peux pas vous dire si j’ai aimé ou pas ce livre… Oui je sais, ça ne vous avance pas beaucoup, vous qui attendez mon avis pour savoir si vous allez vous lancer dans cette lecture ou pas. Je m’explique…

Deux choses m’ont données envie de lire ce livre : la première, c’est sa beauté et ses photos particulièrement intrigantes, glauques parfois, (c’est quoi ce truc là?) qui me font un peu penser à la série TV American Horror Story. La seconde, c’est que mon réalisateur préféré, le Maître Tim Burton, a adapté ce livre et le film sortira à l’automne sur nos écrans. J’étais sceptique avant de le commencer car à part Harry Potter et quelques rares lectures fantastiques ces derniers temps, normalement ce genre ce n’est vraiment pas mon truc. Et vu qu’il passait régulièrement sur la toile et vu l’enthousiasme de certains de mes contacts, je me suis dit que j’allais tenter…

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J’ai donc trouvé la première partie assez longue et ennuyante, tellement pleine de mystères que du coup l’auteur m’a perdue plusieurs fois, moi la fan de lectures ultra réalistes. La période de deuil de Jacob s’éternise sans qu’il ne se passe grand chose… Et puis l’arrivée sur l’île de Cairnholm, et la découverte des enfants particuliers… Et là ça commence à m’intéresser à nouveau. Je veux savoir qui ils sont, quelles sont leurs particularités, pourquoi l’auteur a décidé de les mettre sur le chemin de Jacob, eux qui sont encore des enfants et qui n’ont sans doute pas connu son grand-père. Oui mais ça, c’est dans mon imaginaire de lectrice terre à terre. Car finalement ce qui est bien quand on rentre dans le fantastique, c’est que tout est possible. Et puis s’en suit à nouveau un certain nombre de pages où on me perd… Ok, il a rencontré les enfants particuliers, il retourne les voir régulièrement dans leur boucle, il participera à leur vie quotidienne, ils deviennent ses amis, mais quel est le lien avec son grand-père? Et puis finalement… un peu de patience Anaïs voyons ça vient! Jacob entre vraiment dans le monde des enfants particuliers. Et là, le livre commence à être addictif et se lit d’une traite.Et finalement une fois qu’on est dedans, on a du mal à sortir de cet univers mystérieux mis en place par Ransom Riggs.

Le narrateur est Jacob lui-même, on a parfois l’impression qu’on est en train de lire son journal intime. ça renforce le sentiment de l’accompagner durant ses aventures. On voit son évolution, de jeune adolescent un peu naïf et surprotégé par ses parents, il en vient à devoir faire des choix difficiles qui changeront son futur à jamais.

L’intrigue se déroule dans deux époques distinctes, la contemporaine, et l’autre lors de la deuxième guerre mondiale. Le tout est bien géré, on ne se sent pas perdu dans le temps.

Ce livre est normalement issu d’une série pour ado, mais à près de 30 ans je vous assure que ça passe bien quand même! On est loin de la gentillette littérature pour ado, il y a certaines scènes assez violentes et le suspens est à son comble durant les 100 dernières pages. Loin d’être un livre moralisateur, il y a tout de même toujours en toile de fond un combat du bien contre le mal.

C’est un peu le même sentiment que quand je finissais un livre d’Harry Potter « Quoi? Il faut revenir dans le monde réel et tout ça n’existe pas en vrai?? » C’est que la mécanique de l’auteur fonctionne et qu’il a vraiment captivé. La fin est trop prometteuse pour que je m’arrête là. C’est un nouveau monde qui s’ouvre, de nouvelles aventures qui s’annoncent mouvementées et difficiles, et bien que je sois toujours incapable de vous dire si j’ai aimé ou pas, il me faut la suite, vite, très vite, tout de suite! Je cours acheter le tome 2 dès demain!

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Le visage de Satan – Florent Marotta

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J’ai terminé il y a quelques jours Le visage de Satan de Florent Marotta, paru aux éditions Taurnada. J’ai manqué un peu de temps ces derniers jours pour mettre en ligne ma chronique, mais mieux vaut tard que jamais !

Le visage de Satan, c’est l’histoire de Gino, ancien flic reconverti en détective privé, qui se retrouve à enquêter, à la demande de Sybille, une sulfureuse veuve, sur la mort à priori banale de son mari Walter. Gino est un personnage torturé, alcoolique repenti en cours de sevrage difficile, il doit affronter les démons des différents drames qui ont jalonné sa vie et sa carrière. Ses investigations le mèneront dans le milieu obscure du satanisme, de la magie noire et de ses adeptes, évoluant dans un milieu de luxure et de débauche profonde. L’enquête piétine, les découvertes macabres se succèdent… Son enquête le mènera jusqu’à Abraxas, qui se veut fédérateur d’un nouvel ordre. Il est le Maître, il est celui qu’il faut suivre, il est celui qui faut vaincre pour que cette violence s’arrête.

Le visage de Satan commence très fort. Dès le premier chapitre, dès la première page, on est plongé dans l’ultra violent. Les meurtres s’apparentent à des boucheries, les scènes de tortures, de viols, d’orgies sexuelles sont largement détaillées et nous rappelleraient parfois un certain Gilles Caillot, et ça, moi j’adore ! Bon, sauf les scènes de viol qui me sont particulièrement pénibles… c’est comme ça, malgré mon profond attrait pour les thrillers très violents, j’arrive pas à m’y faire et il m’arrive de sauter certains passages trop pénibles (j’ai en tête le terrible chapitre 13!).
Le satanisme est un sujet que j’ai apprécié retrouver. Connaissant relativement bien le sujet, j’ai trouvé que l’auteur était largement documenté et qu’il poussait son analyse très loin dans ce mouvement flirtant avec le borderline et l’interdit. Il a choisi d’ancrer son histoire dans un contexte de fin du monde, quelques jours avant la supposée disparition de notre ère en décembre 2012. Il exploite donc en parallèle du satanisme la piste des groupuscules religieux chrétiens, en proie à un obscurantisme profond, voyant le monde qui les entoure à travers le prisme de la religion.

Le personnage de Gino est très attachant. On rencontre un Gino solitaire, c’est une volonté chez lui de se mettre en retrait et de ne pas s’impliquer émotionnellement, car il finit par perdre tous ceux qu’il aime. Derrière son air de brute et ses manières peu orthodoxes, on se rend compte qu’il s’est forgé une carapace car il est quelqu’un de profondément sensible et humain. 

Le livre se lit bien, Florent sait maintenir le suspens avec une apogée de la tension dans les dernières pages où l’auteur prend soin d’ajouter de longues descriptions pour retarder le moment fatidique du dénouement  que tout lecteur attend impatiemment. J’ai cependant trouvé le début un peu long, au moment de la mise en place de l’enquête… mais après la centième page, coup d’accélérateur, impossible de le lâcher !

Si vous n’avez pas froid aux yeux, lancez-vous!

Âmes sensibles, s’abstenir !

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Non classé, Polar/thriller nordique

MardiConseil #4 – Arnaldur Indridason

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Aujourd’hui sur la Twittosphère c’est #MardiConseil !

Comme tous les mardis depuis les quelques semaines où j’ai crée mon blog, c’est l’occasion pour moi de revenir sur un livre, ou un auteur, que j’ai apprécié dans les mois ou années précédents ma découverte des réseaux sociaux littéraires, à l’époque où j’étais une petite lectrice qui lisait bien sagement dans son coin.

Aujourd’hui, je reviens sur un auteur le premier auteur du nord que j’ai lu, et qui a été une révélation pour moi, Arnaldur Indridason.

imageIndridason sur les lieux du tournage de La cité des Jarres

 

Qui est-il ?

Arnaldur Indridason est un auteur islandais de thrillers. Ancien journaliste et critique, il est l’auteur d’une quinzaine de thrillers. Ses livres sont traduits dans 26 langues, et certains ne sont pas encore traduits en français, espérons que ça soit le cas un jour. En France, ses romans sont édités aux Editions Métailié et le format poche chez Points et traduit par Éric Boury, célèbre pour des traductions d’auteurs islandais.

 

Son œuvre

On peut découper son œuvre en deux parties : la série Erlendur Sveinsson, son enquêteur fétiche, et ses one-shots.

Série Erlendur (par ordre de lecture)

  • La cité des jarres
  • La femme en vert
  • L’homme du lac
  • Hiver Arctique
  • Hypothermie
  • La rivière noire
  • La muraille de lave
  • Etranges rivages
  • Le duel
  • Les nuits de Reykjavik
  • Le lagon noir

One-shot 

Série Trilogie des ombres (Trilogie se déroulant durant la Seconde Guerre Mondiale)

 

J’ai une nette préférence pour les livres où l’on retrouve Erlendur. On le découvre dans La cité des jarres, il est un enquêteur taciturne, un peu asocial sur les bords et hanté par son passé et la disparition de son jeune frère lorsqu’ils étaient encore de jeunes enfants, perdu dans une tempête de neige une sombre journée d’hiver. Son cadavre ne sera jamais retrouvé. Ce traumatisme marquera Erlendur toute sa vie. Il développera une véritable passion pour les histoires de disparitions inexpliquées, il est très documenté et a une bibliothèque remplie d’ouvrages concernant ces faits divers.  Erlendur a raté sa vie de famille, sa relation avec ses enfants est très compliquée, avec son ex-femme, c’est pire. Lorsqu’il n’enquête pas, il lit, rideaux fermés en été lorsque le soleil est éternel. Il est un flic nostalgique de l’Islande d’autrefois, quand elle n’était qu’une petite île habitée par une majorité d’éleveurs de moutons et de pêcheurs, avant qu’elle ne subisse l’assaut des banques, des financiers, et qu’elle ne subisse de plein fouet la crise de 2008 qui mènera le pays à une quasi banqueroute.

Les histoires de la série Erlendur sont construites systématiquement de la même manière : d’un côté l’enquête au présent, celle qui se passe à notre époque, et de l’autre, une enquête qui trouve son fondement dans le passé et qui poussera Erlendur à enquêter durant son temps libre.  On le suit avec deux de ses enquêteurs, aussi attachants l’un que l’autre et on voit au fil du temps leurs évolutions aussi bien sur le plan moral que personnel. Le fait qu’il y ait deux enquêtes est un peu déroutant au début, mais au bout du deuxième livre quand on a compris la mécanique de l’auteur, ça devient la norme et on sait, quand on commence un livre d’Indridason, qu’on va se retrouver dans ces deux histoires simultanées.

Ce qui n’est pas aisé non plus, ce sont les noms des personnages et des lieux, qui peuvent rendre difficile la lecture. Morceaux choisis : Elinborg, Erlendur, Sigurdur Oli, Gudlaugur, Hafnarfjördur, Ösp, Sindri, Skarphédinn… et si j’ajoute les noms de famille, c’est bon, je vous perds ! 🙂   Et ça serait dommage que vous passiez à côté ! J’ai failli arrêter plusieurs fois le premier, la Cité des jarres, tellement je me suis mélangée les pinceaux et que du coup je n’y comprenais rien!  Ce que je vous conseille, c’est de prendre un minimum de notes. Un petit post-it glissé dans votre livre vous aidera à passer le cap des noms nordiques un poil compliqués. Encore aujourd’hui, malgré le fait que je sois une grande habituée des thrillers islandais, et de l’Islande en général car je m’intéresse beaucoup au pays, j’ai encore du mal et je m’y perds un peu si je ne note pas les noms des personnages !

Le rythme d’écriture est parfois lent, l’enquête également, il n’y a pas un rebondissement à chaque chapitre mais après avoir lu plusieurs auteurs islandais, c’est la norme. A croire que leur manière d’écrire est à l’image de leur manière de vivre dans le pays. Attention hein, je vous vois venir, ça ne veut pas dire que ça tire en longueur, loin de là! Il arrive à nous captiver à chaque fois!

L’auteur évoque souvent l’histoire de son pays, occupé un temps par l’armée américaine, soumis aux restrictions d’un embargo, ses dérives aussi, cette société gangrenée par la corruption, ses politiques véreux qui tiennent sous leur coupe les journalistes…  Indridason se plaît à multiplier les meurtres homophobes, les agressions sexuelles, dans ce pays pourtant si calme et sécuritaire. Il est d’ailleurs parfois décrié par certains intellectuels islandais qui disent qu’il y a plus de meurtres dans les livres d’Indridason que durant une année complète au pays !

à noter que La Cité des jarres a été adapté au cinéma, on a un peu de mal à le trouver sur internet mais en cherchant bien, on trouve! Je l’ai trouvé assez fidèle au livre.

Contrairement à d’autres auteurs islandais, Arnaldur Indridason a l’art de mettre en avant la beauté et la rudesse des paysages de son île. Le véritable personnage central de ses livres, c’est la Nature en elle-même. La Nature qui décide d’un effondrement sous-terrain qui aura pour conséquence de vider un lac dans la région de Reykjanes et qui fait remonter à la surface un cadavre vieux de plusieurs années, la Nature qui lui a enlevée son frère, la Nature et ses lacs, ses volcans capricieux et ses glaciers, la Nature et son froid glacial… Il évoque la grandeur de ses paysages avec un tel amour qu’au troisième livre, je me suis dit « tiens ça a l’air sympa je vais regarder des photos sur google ! ». 30 jours plus tard, j’atterrissais à Reykjavik, 31 jours plus tard je suis tombée amoureuse de l’Islande. C’était en 2014, j’y suis retournée 8 mois après, et j’y retourne à  nouveau dans une soixantaine de jours. On pourra dire qu’Indridason est plus qu’un auteur pour moi, il m’a permis d’avoir le plus grand coup de foudre de ma vie, celui pour ce pays où je me sens plus chez moi qu’en France. Alors si un jour j’ai la chance de le rencontrer au détour d’un café de Reykjavik ou dans un salon littéraire, je lui dirai juste « Merci Monsieur, vous avez changé ma vie! ».

 

Pour aller plus loin

Ma chronique de La Femme en vert (cliquez sur le lien) qui est pour moi son ouvrage le plus magistral, un bijou de la littérature nordique et Le Lagon noir (et cliquez sur le lien là aussi tant qu’à faire!) =)

 

 

imageLac de Kleifarvatn, qui donne son nom à L’homme du lac. Photo de mon 1er voyage sur place.

Non classé, Polar/thriller français

Mardi Conseil #2 – Gilles Caillot

Aujourd’hui sur la Twittosphère, c’est #MardiConseil. L’occasion pour moi de revenir sur des livres lus les derniers mois ou dernières années, avant que je ne commence mes chroniques.

Mon blog étant tout récent, je voulais donner une place de choix à mon auteur préféré.

Coup de projecteur donc sur Gilles Caillot.

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Qui est-il ?

Gilles Caillot est un auteur lyonnais. Son truc à lui c’est principalement le thriller gore, le très violent, le qui « décoiffe ta tête de lectrice sans te faire bouger de ton fauteuil », celui qui te remue les tripes, du lourd quoi! à ne pas mettre entre les mains des lecteurs un peu sensibles…

Sa bibliographie

On peut décomposer son oeuvre en 3 parties :

La quadrilogie Zanetti : Les ailes arrachées des anges, Immondanités, Reminiscence, L’ange du mal.

3 one-shot : L’apparence de chair, Bas-fonds, Lignes de sang

Son dernier livre et premier thriller psychologique : La couleur des âmes mortes

Je ne vais pas vous faire ici le résumé de chacun parce que l’article risque d’être un peu long… Je vais simplement vous faire part de mon sentiment de lectrice concernant la quadrilogie Zanetti et La couleur des âmes mortes.
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La quadrilogie Zanetti

Elle est et restera encore un moment je pense le coup de cœur de ma vie de lectrice. J’y ai découvert du politiquement incorrect, des scènes super difficiles, des rebondissements en fin de chapitre sans que tu t’y attendes. Cette quadrilogie nous plonge dans les enfers de la société, on est loin du gentil petit polar où le flic mène sa gentille petite enquête sur un meurtre quelconque. Les thèmes abordés sont très durs, les scènes sont parfois d’une horreur absolue, il y a des scènes de tortures, de cannibalisme, des autopsies, et pour la première fois de ma vie j’ai eu la nausée en lisant un passage d’un de ces livres… Toute l’histoire s’imbrique parfaitement, page après page, tome après tome. Gilles manie avec précision la manipulation de ses lecteurs, il te balade, c’est lui qui te mène sur de fausses pistes avant de t’attraper et de te faire revenir à la réalité, à sa réalité à lui, à son histoire telle qu’il veut te la faire lire.

J’ai pris 1000 pages de claques dans la schness (pour les non-lorrains ça veut dire « la gueule » 😀 ) J’ai été bluffée, j’ai eu le souffle coupé, j’ai mis plus d’un mois à m’en remettre. J’ai connu la fameuse « Dépression littéraire » dont je parle régulièrement, pendant laquelle je n’ai pas réussi à enchaîner sur d’autres livres tellement je trouvais tout ce que je lisais fade et commun.

L’évolution de l’écriture et ses débuts dans le thriller psychologique

Concernant La couleur des âmes mortes, il s’agit du p’tit dernier, paru aux éditions du Caïman. Ici changement de style, on laisse de côté le gore pour aller du côté non moins difficile de la souffrance psychologique. C’est dur, c’est bouleversant, ça nous fait nous poser un certain nombre de questions « Qu’est-ce que je suis prêt à faire pour retrouver et punir l’assassin de notre enfant? Jusqu’où suis-je prêt à aller? »

Inexorablement,dès le premier chapitre, je suis embarquée dans l’histoire sans plus pouvoir m’en défaire. Ce livre est une descente aux enfers psychologique, celle d’un père qui veut venger la mort de sa fille. Cette vengeance apportera son lot de dommages collatéraux. Le narrateur change régulièrement, parfois à la première personne, parfois à la troisième… On est tantôt omniscient, tantôt simple spectateur de ce que l’auteur veut bien nous montrer. La lecture est parfois vraiment difficile, parce que le sujet de la pédophilie est délicat à traiter. Cependant il n’est pas tombé dans le piège en mettant en avant des scènes pédophiles insupportables, ce qui aurait eu pour effet de donner au livre une odeur de voyeurisme malsain qui, je pense, ne m’aurait pas plu. Je ne dis pas que c’est une balade bucolique ce livre. Non. C’est cru, c’est noir et douloureux même pour des personnes comme moi qui ne sont pas parents.

C’est bon, c’est très bon, c’est écrit d’une main de maître, et ça a reçu dernièrement le prix Les Petits Mots des Libraires.

Le prochain roman de l’auteur sera à nouveau un thriller psychologique et les quelques extraits dévoilés par l’auteur sur les réseaux sociaux ne font que renforcer mon impatience à l’avoir entre les mains! Il faudra néanmoins être patient et attendre encore quelques mois.

[ Bref, j’ai eu un coup de foudre littéraire ]

 

Non classé

Aux creux de nos demains – Bastien Perchet

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Le mardi sur la Twittosphère, c’est #MardiConseil ! Alors je vous en fait profiter ici ! Je vous rappelle que je vais vous présenter régulièrement les livres qui m’ont faite vibrer avant que je ne commence mes p’tites chroniques, quand j’étais encore une lectrice solitaire, absente des réseaux sociaux littéraires. Aujourd’hui, je vais donc vous parler du premier livre du jeune auteur auto-édité Bastien Perchet que j’ai lu l’été 2015.


Dans ce livre, on suit Alexandre, un jeune auteur alcoolique et dépressif. Un jour, il découvre dans sa baignoire le cadavre d’une prostituée, ce qui n’arrangera pas son état psychologique. Commence alors une quête de vérité, aussi troublante que déstabilisante. L’écriture est mature, le livre t’embarque à 100 à l’heure, et tu imagines toutes les hypothèses, tu essaies de faire la part entre cauchemars et réalité. Alexandre, sous la plume de Bastien, te fait oublier comment tu t’appelles tellement le jeu psychologique dans lequel t’embarque l’auteur est machiavélique. Et pour finir… ben on reste dans l’incertitude, la fin laisse une porte ouverte, et tu restes encore avec tes interrogations.

Une très belle réussite et je suis très fière de dire que je suis une des premières lectrices de cet auteur! Le second livre est en cours, il faudra être encore un peu patient…