
Ce roman patientait dans ma pile à lire depuis l’été dernier : je voulais attendre que toute la saga soit publiée en poche avant de m’y plonger. Je n’achète pas de grands formats et j’aime enchaîner les tomes d’une série, car si je laisse trop de temps entre deux lectures, j’oublie tout (les personnages comme les événements des précédents volumes)… Après un mois de décembre consacré aux romans et romances de Noël, j’ai eu envie de retrouver une saga, et mon choix s’est naturellement porté sur celle-ci. Grand bien m’en a pris !
Betty est une jeune femme de 17 ans qui vit avec sa mère et ses frères et sœurs dans la campagne suédoise. La famille est pauvre et c’est pleine d’espoir et d’enthousiasme qu’elle débarque à Stockholm chez un médecin qui vit avec son épouse et qu’elle devient leur cuisinière et femme à tout faire. Elle découvrira cependant rapidement que cette nouvelle vie va être plus difficile que ce qu’elle attendait : mépris des classes, rapport de soumission entre sa maîtresse et elle, longues journées de travail et salaire de misère sont le lot de la jeune femme. Chaque occasion est bonne pour lui rappeler sa condition sociale…
La jeune femme vivra là-bas ses premiers émois amoureux avec un homme rencontré par hasard dans le train qui la menait dans la capitale…
Stockholm, un personnage à part entière
Les jeunes gens qui grandissent à la campagne partagent presque tous le même rêve : celui des grandes villes. Ils imaginent qu’une fois là-bas, tout leur sera possible, que ce nouveau départ rimera avec ascension sociale, réussite et rencontres déterminantes. Betty n’échappe pas à la règle. Elle est subjuguée par tout ce qu’elle découvre : les parcs et jardins où elle passe ses après-midis de liberté avec son amie Viola, les boutiques aux vitrines somptueuses, les élégantes toilettes des dames de la haute société, ou encore les librairies regorgeant de milliers d’ouvrages…
L’auteure décrire avec un soin tout particulier Stockholm et la vie trépidante qui l’anime alors que la Seconde Guerre Mondiale semble se rapprocher dangereusement. J’avais déjà envie d’aller la visiter, c’est encore pire maintenant !
L’amour des livres, au cœur du roman
Malgré le fait qu’elle vient d’une famille particulièrement pauvre, la jeune Betty est une amoureuse des livres et elle passe le peu de temps libre qu’elle a à dévorer des romans avec comme rêve ultime celui de travailler dans une bibliothèque ou une librairie. La lectrice que je suis n’a pu que s’identifier à cette partie de sa personnalité. La littérature est plus qu’un loisir pour Betty, elle est une porte pour rêver, s’évader, accroître ses connaissances.
C’est cet amour qui lui fait rencontrer Martin à bord du train qui la mène à Stockholm pour la première fois. La correspondance qui se mettra en place entre eux rapidement après cette rencontre, d’abord basée sur leur amour commun pour les belles lettres, deviendra peu à peu enflammée et le couple se formera un peu plus tard dans un élan de passion qui s’avèrera aussi bref que dévastateur pour elle. Cette idylle sera le grand tournant de sa vie et cet amour impossible entraînera une série d’événements qui vont changer sa vie professionnelle, mais également personnelle.
Chronique d’une époque
Ce premier roman est une chronique de vie mais également de la vie en Suède quelques mois avant le début de la Seconde Guerre Mondiale. La société se divise en deux : d’un côté les sympathisants du régime nazi et de l’autre les syndicats et communistes qui tentent de faire évoluer les mœurs et la situation des plus précaires. Ce thème est abordé de manière discrète et ne prend pas une part importante du récit contrairement aux derniers tomes de la saga de La ville aux étoffes, une de mes sagas coups de cœur de 2025. Le côté historique est ce que je préfère dans les sagas, cela apporte une vraie profondeur à ces romans qui ne se contentent pas d’être une simple histoire à l’eau de rose.
Le mot de la fin
La fille du Hälsingland est un roman émouvant, profond et riche en émotions. Il pose parfaitement les bases des tomes qui suivent (à l’heure où je rédige cette chronique je viens de terminer le second roman de la série). On y découvre une jeune femme attachante, et j’ai éprouvé une tendresse infinie pour elle tout au long de ma lecture. Je vous parlerai très vite du deuxième tome de la série ! Restez connectés !
Résumé
Le premier tome d’une saga suédoise sur le destin d’une héroïne singulière et attachante
1937. Betty, dix-sept ans, quitte avec enthousiasme son Hälsingland natal et sa famille, pour un travail de femme de chambre chez un riche médecin de Stockholm. Dans le train, elle rencontre un homme passionnant, professeur d’origine juive, qui partage son goût pour la littérature… Betty déchante vite : elle doit supporter le mépris de l’épouse de son employeur et travaille du matin au soir. Elle n’a même plus le temps de lire. Heureusement, elle trouve une alliée en Viola, la bonne de la maison voisine.
Dans les rues vivantes de la capitale suédoise, Betty s’émerveille et s’affirme. Tout comme l’amour impossible qu’elle éprouve pour Martin, l’homme du train, qui lui a glissé son adresse dans un livre…
Citation
« Décide qui tu es et qui tu veux être, puis tiens-toi à ta décision, et tu n’auras pas besoin de te demander si tu commets des impairs ou pas. »