Voilà des semaines que j’enchaîne les abandons ou les lectures qui ne me transcendent pas… Voilà bien un an que j’avais ce roman dans ma toute petite pile à lire et je retardais le moment où j’allais le commencer parce que je n’aime pas débuter une nouvelle saga familiale si tous les tomes ne sont pas sortis.
Après avoir adoré La Villa aux étoffes(le mot est faible), j’avais très envie de découvrir une autre saga familiale d’Anne Jacobs même si j’avais un peu peur de ne pas accrocher comme ça a été le cas avec le premier tome de la série Le manoir oublié, que j’ai abandonné au bout d’une centaine de pages il y a environ un an.
Les débuts ont été un peu laborieux comme souvent quand je commence une novuelle saga. Il y a beaucoup de personnages, plusieurs lieux, et j’ai eu besoin d’un peu de temps pour réussir à situer tout le monde. J’ai dû prendre quelques notes sur un carnet durant la première moitié de ma lecture pour m’y retrouver mais une fois que j’ai pris mes repères, je me suis vraiment laissée embarquer dans cette histoire.
J’ai très peu lu pendant cet été, juillet août ont été ultra chargés dans ma vie personnelle et j’ai préféré que tout se tasse avant de m’y remettre pleinement, de manière détendue et sans me sentir frustrée parce que je n’arrivais pas à avancer dans mes lectures en cours.
Après avoir lu la totalité de la saga Les mystères d’Eversand (ne cherchez pas les chroniques, je n’ai pas pris le temps de les rédiger et je ne le ferai pas trois mois après😊 ), j’ai eu envie de lire des romans américains histoire d’être à fond dans l’ambiance de mon voyage et celui-ci m’avait été chaudement recommandé par de nombreuses lectrices sur Instagram.
Le sujet principal de La couleur des sentiments est celui de la ségrégation et de la condition des personnes noires dans l’Amérique profondément raciste des années 1960.
J’aime en effet particulièrement les romans qui traitent des questions raciales aux Etats-Unis, je vous ai par exemple parlé des romans de Leïla Meacham, ma plus belle découverte de ces dernières années, ou encore d’Alabama 1963 de Machette – Niemiec.
L’histoire (4ème de couverture)
Jackson, Mississippi, 1962. Dans quelques mois, Martin Luther King marchera sur Washington pour défendre les droits civiques. Mais dans le Sud, toutes les familles blanches ont encore une bonne noire, qui a le droit de s’occuper des enfants mais pas d’utiliser les toilettes de la maison. Quand deux domestiques, aidées par une journaliste, décident de raconter leur vie au service des Blancs dans un livre, elles ne se doutent pas que la petite histoire s’apprête à rejoindre la grande, et que leur vie ne sera plus jamais la même. Grand prix des lectrices de Elle 2011 et prix des lycéennes de Elle 2011.
Un projet fou pour briser le silence
Direction ici le sud du Mississipi, dans la petite ville de Jackson. Les lois ségrégationnistes organisent encore la vie de la population : les noirs d’un côté, les blancs de l’autre. Ils ne peuvent même pas fréquenter les mêmes toilettes. La parole des blancs est décomplexée et personne ne cache ses opinons aussi nauséabondes soient-elles, les noirs vivent dans la peur des exactions du Ku Klux Klan et dans la crainte de perdre leur travail…
A cette époque cependant, les femmes noires sont embauchées dans des familles (blanches, cela va sans dire) au milieu social relativement aisé, dans le but de s’occuper des tâches domestiques et de l’éducation des enfants. C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Skeeter, une jeune femme blanche de 24 ans qui sort clairement du lot et qui est une sorte de précurseur. Skeeter fait partie d’un groupe d’autres jeunes femmes du secteur, souvent mariée, avec des enfants, et entretenues par monsieur qui gagne bien sa vie. Elles se réunissent autour d’une association pour lever des fonds, organiser des événements… Rapidement, la jeune femme se sentira de trop parmi elles et elle ne supporte plus le racisme qui les anime. Certaines sont absolument imbuvables, je les ai détestées durant toute ma lecture 😀 ! Skeeter s’est donné pour mission de découvrir par tous les moyens possibles ce qu’est devenue Constantine, la nounou noire qui l’a élevée et qui a mystérieusement disparu sans crier gare alors qu’elles entretenaient une correspondance régulière et que cette dernière lui avait annoncé, dans sa dernière lettres, vouloir lui transmettre un certain nombre d’informations.
L’Amérique est alors en plein changement : Martin Luther King devient peu à peu le porte parole de cette minorité maltraitée et contrainte à s’effacer et à tout accepter. Skeeter se lance alors dans le projet fou de donner la parole à ces femmes qui vivent dans une ombre permanente, et dans une société qui ne leur accorde aucune place. Elle a ce projet un peu fou d’écrire un livre avec une dizaine de témoignages. Elle ne cherche pas à raconter l’extraordinaire ou l’innommable, seulement leur quotidien. C’est ainsi que durant toute une partie du récit, nous suivrons la jeune femme dans sa quête pour trouver des personnes qui accepteraient de témoigner, sous réserve de confidentialité et dans les débuts difficiles de leurs échanges alors qu’elle essaie de les mettre en confiance. Ce travail est long et fastidieux, et il aura des répercussions explosives !
Dans l’ombre des domestiques
La couleur des sentiments est un roman choral, la narration est confiée à Skeeter, mais également à plusieurs domestiques. C’est ainsi que l’on rencontre Aibileen et Minny, deux amies qui travaillent pour deux familles différentes et prendront tous les risques pour libérer la parole de celles que l’on entendant jamais. Elles serviront de fil conducteur à l’intrigue. Les deux femmes sont particulièrement attachantes à leur manière, bien qu’elles aient un caractère très différent. Mention spéciale pour Minny, la forte tête du trio, qui nous sert parfois des dialogues et réflexions vraiment truculents qui donnent à rire ou sourire et donnent un peu de légèreté à l’histoire. Pourtant derrière son tempérament explosif se cache une femme vulnérable, consciente des risques qu’elle prend à chaque fois qu’elle ose dire non et faire part de son mécontentement. L’autrice réussit grâce à ce personnage à donner un peu de légèreté dans un récit au climat très lourd.
Ce que j’ai aimé dans La couleur des sentiments
La manière dont l’autrice traite ce sujet Ô combien difficile m’a touchée. J’ai lu plusieurs romans qui traitent de la ségrégation et on était la plupart du temps dans un récit très sombre, violent. Ici, grâce au personnage de Minny et à la pudeur de l’autrice de ne pas tomber dans la violence extrême, on est plutôt dans un récit touchant et engagé.
Je me suis sentie très touchée par ces tranches de vie que l’on découvre au gré des chapitres axés sur les domestiques. La peur perpétuelle des blancs, les inégalités salariales, sociales, les violences auxquelles elles ont pu être confrontée, et leur formidable envie de vivre.
Le mot de la fin
L’autrice a réussi à rendre ses personnages vivants et diablement attachants. Ils ne sont pas forcément travaillés à l’extrême mais chacun a ses particularités qui le rendent unique et intéressant.
Une formidable lecture, qui mérite d’être découverte pour les retardataires comme moi. Il fait d’autant plus écho à l’heure actuelle, alors que nous assistons impuissants à la montée des extrémistes qui voudraient nous faire croire que certains, sous prétexte de leur origine, de leur religion ou de leur différence, seraient moins légitimes que d’autres à vivre parmi nous. La haine n’a pas sa place dans une société civilisée et il est urgent de s’en rendre compte.
Je ne sais pas quoi lire en ce moment. Je n’ai pas d’envies particulières, pas de nouvelle lubie en cours… J’ai abandonné un certain nombre de romans américains ces derniers temps alors que j’avais vraiment envie de ne lire que ça jusqu’à mon départ en voyage au pays de l’oncle Sam fin août… Cette saga en quatre tomes, Les mystères d’Eversand, bénéficie d’une grosse hype ces derniers temps sur les réseaux sociaux littéraires et ce sont mes amis Katia (Encore un livre) et Gérald (Gerald en poche) qui m’ont donné envie de me lancer. Et j’ai bien fait !
Je vous parle aujourd’hui du premier tome de la série Les mystères d’Eversand, La suivante, écrit par Victor Dixen.
Jenny Colgan est mon autrice doudou, dès que je traverse une période lecture compliquée, je lis un de ces romans et ça me fait tellement bien ! Si vous me suivez un peu sur Instagram, vous constaterez que je traverse un véritable désert littéraire en ce moment et que j’abandonne la majorité des bouquins que je commence… Tout m’ennuie (pour être polie), tout me lasse, aucune intrigue ou presque ne m’accroche… Bref, c’est pas l’éclate !
Considérez donc que si j’ai terminé ce roman, c’est que je l’ai aimé !
Les rares romans qui trouvent grâce à mes yeux actuellement sont tous des romans où la nature prend une place très importante dans le récit. Peut-être est-ce mon besoin d’évasion et de reconnexion à la nature qui dicte mes préférences littéraires en ce moment… Dieu merci, notre semaine de rando dans les Alpes arrive à grands pas et je vais pouvoir recharger mes batteries émotionnelles et sociales 😀
Avec Les Eaux sauvages, j’ai trouvé exactement ce que je recherchais : une immersion totale dans les grands espaces canadiens, une aventure humaine intense et une réflexion touchante sur l’amour et la résilience. Après avoir abandonné ma précédente lecture (L’épicerie du paradis sur terre de James McBride), j’ai été étonnée de la facilité avec laquelle j’ai été happée par ce récit, par l’immensité des paysages décrits.
Je vous parle aujourd’hui du roman Les eaux sauvages, de Kurt et Ellie Johnson, publié aux Editions du Seuil.
Ce roman m’a attirée en librairie grâce à cette sublime couverture illustrée. Quand j’ai découvert, à la lecture de la quatrième de couverture, que l’intrigue se déroulait aux États-Unis, je n’ai pas réfléchi 30 secondes avant de l’acheter. Entre petite ville côtière pleine de charme, librairie indépendante et secrets de famille, il avait tout pour me séduire. !
Cette chronique va être relativement courte et peu fouillée car, même si j’ai plutôt bien aimé ce roman, je n’ai pas grand-chose à en dire… Certains romans nous marquent profondément, alors que d’autres nous accompagnent simplement le temps de quelques soirées, ils glissent sur nous mais n’arrivent pas à nous atteindre au plus profond de notre âme de lecteur. Les semeuses fait partie de cette deuxième catégorie pour moi, et j’ai d’ailleurs oublié pas mal de choses de l’intrigue alors que je l’ai terminé il y a moins d’une semaine..
C’est l’histoire d’une famille qui a volé en éclat, comme tant d’autres me direz-vous. Fracassée par les silences, les non-dits et les regrets, les maladresses et les mauvais choix. Personne ou presque ne pourra dire le contraire : les relations familiales, aussi précieuses soient-elles, peuvent parfois devenir profondément dévastatrices. C’est ce territoire intime et douloureux que Joyce Maynard explore dans ce roman, Où vivaient les gens heureux. Le titre à l’imparfait annonce immédiatement la couleur, oui il y aura du bonheur dans ce roman, mais non, il ne durera pas.
Une famille en miettes
Rien n’a jamais été simple dans la vie d’Eleanor. Elevée par des parents alcooliques qui la voient comme une intruse entre eux, elle devient orpheline à l’adolescence et doit apprendre à se construire seule, sans repères ni soutien pour l’aider à avancer. Et puis il y a la rencontre avec Cam, un jeune artisan bohème passionné par le travail du bois, un homme lumineux qui semble ne voir de la vie que ses côtés positifs et sa beauté sans contraintes. S’il est un homme doux et passionné, il est surtout immature et utopiste. tandis qu’elle est fermement ancrée dans la réalité, faisant tout pour assurer une certaine sécurité et stabilité à leurs trois enfants. D’abord, leurs différences les rapprochent et les complètent ; mais peu à peu, le poids du réel, les désillusions et les années finissent par les éloigner, jusqu’à l’inévitable rupture.
Et cette rupture va être dévastatrice pour elle.
Les silences qui détruisent
Je pense que les trois quart des événements malheureux de cette histoire sont dus aux non-dits, aux rancœurs et aux situations qu’on laisse pourrir. Comme dans beaucoup de relations amoureuses ou familiales qui volent en éclat d’ailleurs. J’aurais eu envie mille fois de dire à Eleanor de parler plutôt que de garder pour elle tout ce qui lui faisait du mal. Même si j’ai ressenti un profond attachement envers elle je n’ai pas pu m’empêcher de lui en vouloir de se montrer si peu combattive, de subir au lieu de parler et d’essayer d’arranger les choses. Et d’un autre ressenti j’ai ressenti une profonde tristesse pour elle car je la considère comme une éternelle victime dans cette histoire. Sa vie a été faite de sacrifices et de renoncements, elle a étouffé ses propres envies, mis de côté ses besoins et ses rêves pour le bonheur de ses enfants et de son mari. À force de ne vivre qu’à travers les autres, elle finit par se perdre elle-même en tant que femme autant qu’en tant que mère. Et finalement, elle perd tout : son couple, ses repères, sa chère maison si difficilement acquise, l’image idéalisée de sa famille, mais aussi une partie d’elle-même. Epuisée d’avoir trop donné et s’être trop effacée, elle finira par tout abandonner…
La maison des souvenirs
Je ne peux pas vous parler de ce roman sans évoquer la maison familiale. Elle tient une place particulièrement importante dans ce roman : elle est l’endroit où Eleanor tente de se reconstruire après la mort de ses parents, elle est le lieu où elle voit naître son premier grand amour, puis celui qui accueille ses trois enfants. On l’imagine presque cette petite maison isolée dans la campagne, avec la douce lumière de l’aube qui passe à travers les arbres et vient illuminer le jardin recouvert de la rosée du matin. On imagine les enfants courir, jouer dans la nature sous le regard bienveillant de leurs parents. Ils vivent chichement mais ils sont heureux, du moins Cam et les enfants sont heureux. On assiste à de grands bonheurs mais également à des drames. La maison est le lieu qui les réunit tous, le ciment de leur vie. Il y a un attachement presque humain avec elle. Alors quand le couple vole en éclat et qu’Eleanor la quitte, c’est un véritable déchirement. On a le sentiment qu’elle ne trouve sa place nulle part après son départ, qu’elle n’arrive à s’approprier aucun lieu. Si elle ne faisait qu’un avec sa maison du bonheur, elle semble être une pièce rapportée dans la prochaine qu’elle occupera.
La délicatesse de l’écriture de Joyce Maynard
Il y a dans ce livre une profonde mélancolie, quelques rayons de soleil bien sûr, mais j’ai ressenti une profonde tristesse durant ma lecture. Cette histoire m’a touchée parce qu’elle ne parle pas seulement de la perte (perte d’une famille, perte d’un idéal de vie, liens rompus avec les personnes qui devraient être le centre de notre vie) elle parle aussi de la douloureuse reconstruction et du fait que malgré la douleur et les regrets, on continue de vivre.
Ici, pas de spectaculaire ni de grands coups d’éclat. Joyce Maynard possède ce talent de décrire avec justesse les émotions et les situations. Elle rend son atmosphère palpable de mainère à nous immerger complètement auprès de cette famille et de cette maison dans laquelle ils vivent.
C’est une écriture délicate et profondément sensible, qui touche davantage par ce qu’elle suggère que par ce qu’elle montre frontalement.
Le mot de la fin
Au fond ce roman, il parle de nous tous et vous serez sans doute nombreux à vous retrouver dans cette histoire.
Joyce Meynard signe un roman d’une intense sensibilité, de celle qui vous colle encore à la peau des mois après avoir terminé votre lecture.
Alors que je terminais les derniers paragraphes confortablement installée sur la terrasse avec mon mari, j’ai pensé à plusieurs reprises : quel gâchis, quelle tristesse que cette histoire !
Sous la plume de Joyce Maynard, cette histoire devient bien plus qu’un simple drame familial : elle devient une réflexion bouleversante sur l’amour, le renoncement, et la capacité qu’a l’être humaine de se relever malgré les douleurs et les drames.
Je recommande plus que chaudement !
Résumé
Le grand roman de Joyce Maynard : l’histoire bouleversante d’une famille sur cinq décennies
Lorsque Eleanor, jeune artiste à succès, achète une maison dans la campagne du New Hampshire, elle cherche à oublier un passé difficile. Sa rencontre avec le séduisant Cam lui ouvre un nouvel univers, animé par la venue de trois enfants : la secrète Alison, l’optimiste Ursula et le doux Toby. Comblée, Eleanor vit l’accomplissement d’un rêve. Très tôt laissée à elle-même par des parents indifférents, elle semble prête à tous les sacrifices pour ses enfants. Cette vie au cœur de la nature, tissée de fantaisie et d’imagination, lui offre des joies inespérées. Et si entre Cam et Eleanor la passion n’est plus aussi vibrante, ils possèdent quelque chose de plus important : leur famille. Jusqu’au jour où survient un terrible accident… Dans ce roman bouleversant qui emporte le lecteur des années 1970 à nos jours, Joyce Maynard relie les évolutions de ses personnages à celles de la société américaine – libération sexuelle, avortement, émancipation des femmes jusqu’à l’émergence du mouvement MeToo… Chaque saison apporte ses moments de doute ou de colère, de pardon et de découverte de soi. Joyce Maynard explore avec acuité ce lieu d’apprentissage sans pareil qu’est une famille, et interroge : jusqu’où une femme peut-elle aller par amour des siens ? Eleanor y répond par son élan de vie. Son inlassable recherche du bonheur en fait une héroïne inoubliable, avec ses maladresses, sa vérité et sa générosité.
Citation
« Tu dois comprendre une chose, Ursula. Il arrive qu’il n’y ait pas de solution. il arrive que ce qui est cassé ne soit pas réparable. »
« Eleanor le savait depuis longtemps : même si on ne pouvait pas survivre à ce qu’elle avait dit, elle survécut. Au prix d’un immense chagrin. Mais elle continua de vivre. »
Vous le savez si vous me suivez depuis longtemps, je suis une femme de lubie. Ou plutôt qui a des lubies. Si ma période polar et thriller a duré particulièrement longtemps, mon obsession 2025 a été la lecture des grandes sagas familiales. J’en ai enchaîné plusieurs à la suite, incapable de lire autre chose pendant des mois.
Et visiblement, 2026 marquera le grand retour de ma lubie américaine.
Je pense que l’impatience qui grouille en moi en pensant à mon voyage de fin août (mon deuxième dans l’Ouest américain) n’y est pas étrangère. J’ai tellement hâte de retrouver ces paysages immenses et grandioses que j’ai déjà besoin de m’y replonger à travers mes lectures. Pour moi, c’est un peu comme une façon de me mettre doucement dans l’ambiance, de retrouver cette atmosphère si particulière des grands espaces américains avant même de reprendre l’avion.
L’histoire nous plonge dans l’Ouest américain des années 1870, au cœur des tensions entre les peuples autochtones et les colons blancs. Une période qui me fascine énormément en ce moment, notamment parce que je regarde actuellement 1883 et 1923. J’ai retrouvé dans ce roman cette même atmosphère âpre et sauvage : les grandes plaines, les conditions de vie difficiles, les conflits de territoire, mais aussi cette sensation permanente d’assister à la disparition d’un monde.
J’ai traversé quelques semaines assez compliquées côté lecture. La faute à mon immense coup de cœur pour Là où chantent les écrevisses, qui m’a tellement époustouflée que tout me semblait bien fade après lui. Depuis, j’ai d’ailleurs abandonné pas moins de huit romans, incapable de retrouver quelque chose à sa hauteur. Il aura finalement fallu tout le talent de Lucinda Riley pour que je parvienne enfin à terminer un livre.
J’avais ce roman dans ma petite pile à lire depuis un moment, sans jamais vraiment avoir envie de l’en sortir… allez savoir pourquoi. Enfin si, au fond, je le sais très bien : les romans de Lucinda Riley sont souvent si riches, denses et foisonnants que j’appréhendais un peu de m’y plonger.
En ce moment, j’ai plutôt besoin de lectures légères dans lesquelles je peux rentrer facilement et revenir, même après plusieurs jours de pause, sans avoir l’impression d’avoir perdu le fil ou oublié la moitié des personnages. J’avais peur de ne pas avoir l’énergie mentale nécessaire pour me lancer dans une fresque familiale complexe ou un récit aux multiples temporalités. Et pourtant, dès les premières pages, j’ai retrouvé ce qui fait tout le charme des romans de Lucinda Riley : cette capacité à happer le lecteur presque malgré lui et à rendre l’abandon du livre incroyablement difficile. Grâce à elle, aucune envie de poser mon bouquin pour faire du puzzle ou de la pâtisserie !
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