Chronique lecture, Sagas familiales

Destinée suédoise (Tome 2 – La nouvelle vie de Betty) – Katarina Widholm

Vous l’aurez compris si vous me suivez sur mon compte Instagram, j’ai développé en ce début d’année une nouvelle lubie : la saga Destinée suédoise de Katarina Widholm. Quatre romans composent cette série, je vais donc enchaîner les quatre chroniques étant donné le fait qu’il m’est impossible de lire autre chose tant que je ne les ai pas tous terminés !

Je vous invite à quitter cette chronique si vous n’avez pas encore lu le premier roman de la série et dont je vous parlais il y a quelques jours histoire d’éviter de vous spoiler la première intrigue

La nouvelle vie de Betty est un roman qui met de nouveau en lumière la jeune Betty, devenue madame Molander à la fin du tome précédent. Derrière une apparente fragilité, Betty se révèle dotée d’une pugnacité ainsi que d’un sens du devoir et de la famille à toute épreuve. C’est en plein cœur d’une Europe déchirée par la Seconde Guerre mondiale que nous la retrouvons. Bien que la Suède ne soit pas autant impactée par le nazisme, la chasse aux juifs et les actes de guerre, elle n’en est pas moins fortement bousculée : le rationnement engendre une vie très difficile pour tous, les aliments sont très difficiles à trouver et tout le monde doit se contenter de peu. Les hommes sont mobilisés et partent au front et il y a toujours cette crainte de voir le conflit pur et dur passer la frontière dans ce pays qui a fait le choix de rester neutre.

Ce qui fait la force de cette saga, comme de toute bonne saga familiale qui se respecte, c’est le personnage de Betty. L’autrice a réussi le tour de force de créer un personnage vrai, plein de doutes, de contradictions parfois, mais qui a toujours à cœur de protéger sa famille envers et contre tout. N’ayant pu sauver de l’alcoolisme et du côté borderline celui qu’elle a épousé par défaut, elle devra faire face à un défi de taille après le suicide de ce dernier : gagner en indépendance, ramener un salaire suffisant pour qu’elle puisse vivre avec sa fille en lui donnant toutes les chances de réussir et de grandir sereinement. Et même si la Suède est un pays relativement avancé sur le plan social, il n’est pas évident dans les années 40 de s’imposer en tant que femme seule et mère célibataire.

Dans ce roman, Katarine Widholm nous offre bien plus qu’une simple fresque historique : elle nous plonge dans le parcours intime d’une femme qui tente de se reconstruire malgré ses blessures et les erreurs commises. Betty n’est pas un personnage idéalisé ni une héroïne qui gravit les échelons de la vie sans accrocs : elle fera des mauvais choix, ah ça, personne ne pourra le nier après avoir lu ce roman ! Mais qui peut se targuer d’être fort et de prendre des décisions concrètes et réfléchies après avoir subi autant de choses difficiles ? Que celui qui n’a jamais fauté lui jette la première pierre ! Elle n’en reste pas moins un personnage doté d’une sensibilité exceptionnelle, d’une vulnérabilité qui la rend attachante.

Si dans un premier temps elle s’est battue pour elle, elle le fait dorénavant et avant tout pour sa fille. Cette dimension maternelle apporte une intensité émotionnelle très forte au roman. Elle donne du sens à ses décisions même quand elles ne sont pas les meilleures. Je n’ai pas pu approuver tout ce qu’elle a fait, loin de là, mais je peux la comprendre.

Le mot de la fin

Katarina Widholm nous offre une saga profondément humaine, à mi-chemin entre le roman historique et la saga familiale. Le cocktail de mes derniers coups de cœur littéraires !

Pas de blabla, vous aurez compris que je suis parfaitement enchantée par ma lecture ! La chronique du troisième tome sera publiée dans les jours à venir.

Résumé (Quatrième de couverture)

1942. La guerre fait rage en Europe et, malgré sa neutralité, la Suède en subit les conséquences : les hommes sont mobilisés, et le rationnement mène la vie dure aux habitants.

Mais cela n’arrête pas la jeune Betty Molander. L’ancienne femme de chambre amoureuse des livres a réalisé son rêve : elle travaille à présent dans une maison d’édition.
Le jour où son mari – un homme violent et dépensier – lui réclame de l’argent et va jusqu’à vider la tirelire de sa fille, Betty comprend qu’il a de graves ennuis. Désespéré, il finit par se donner la mort.

Quelques mois plus tard, en débarrassant sa garçonnière, Betty découvre une pile de lettres. Cette écriture si particulière, elle la reconnaît : c’est celle de son cher Martin, le père biologique de Martina, qui a disparu du jour au lendemain…

Citation

« Ne gaspille pas ta vie avec des choses futiles et des personnes indignes. »

Laisser un commentaire