Chronique lecture, Sagas familiales

Destinée suédoise (Tome 4 – Le dernier choix de Betty) – Katarina Widholm

Il est déjà temps de vous parler du dernier tome de la saga Destinée suédoise, que j’ai lue durant les deux premières semaines du mois de janvier. Sans surprise, j’ai enchaîné les 4 romans tant je me suis prise de passion pour l’histoire de la jeune Betty, que nous avons rencontrée alors qu’elle n’avait tout juste que 17 ans.

Si vous n’avez pas lu les trois premiers romans de la saga, quittez immédiatement cette chronique qui pourrait vous spoiler des éléments importants des trois premiers tomes.

Dire adieu à Betty sans regret…

Nous retrouvons ici notre chère Betty, veuve pour la seconde fois après la mort d’Olof survenue quelques années plus tôt. Si j’ai éprouvé une tendresse infinie pour ce personnage durant les trois premiers tomes, je dois avouer que, par moments, elle m’a davantage mise à l’épreuve dans ce quatrième roman. Autant je l’avais trouvée touchante et courageuse jusque-là, autant ses hésitations répétées et sa propension à repousser sans cesse les décisions (souvent les mauvaises, d’ailleurs) finissent ici par peser sur la lecture. J’ai parfois eu le sentiment qu’elle se complaisait presque dans son malheur, s’acharnant à se flageller pour les erreurs de son passé, comme si la lamentation lui apportait une forme de consolation.

Son incapacité à dire les choses clairement, notamment face à sa fille Martina, donne également l’impression qu’elle entretient elle-même des situations douloureuses qu’elle prétend pourtant vouloir résoudre. Là où j’espérais une Betty plus mature et apaisée, je l’ai trouvée prisonnière des mêmes schémas, incapable de s’extraire du bourbier qu’elle a elle-même créé. Certaines de ses réactions m’ont franchement agacée, au point de me donner envie de la secouer.

Cette impression n’enlève rien à la cohérence psychologique du personnage, ni à mon attachement global pour cette saga, mais elle a clairement freiné mon lien affectif avec Betty dans ce tome final. À tel point que je n’ai pas ressenti une grande tristesse à l’idée de la quitter.

Un rythme de récit inégal

Si j’ai été passionnée de la première à la dernière page par les trois premiers tomes, il n’en a pas été de même cette fois-ci. Je ne dis pas pour autant que je n’ai pas aimé ce roman, mais mon attention s’est révélée plus inégale, alternant entre moments d’intérêt et phases de décrochage. La principale raison tient aux ruminations incessantes de Betty et au châtiment qu’elle s’inflige depuis la mort d’Olof. Le poids de la culpabilité l’empêche d’avancer et finit par ralentir considérablement l’intrigue qui la concerne, au point de s’essouffler durant une large partie du récit. J’ai même parfois eu l’impression de tourner en rond, sans vraiment savoir où l’autrice souhaitait nous mener.

L’arrivée à Venise, en compagnie de Martina, insuffle heureusement un regain d’énergie au roman et relance mon intérêt pour l’histoire. Cette parenthèse italienne apporte un souffle nouveau, tant par le changement de décor que par ce qu’elle provoque chez les personnages. J’ai ainsi refermé le livre sur une impression globalement positive, d’autant plus que les événements ont évolué dans la direction que j’espérais.

Dernier grief (oui encore) à formuler à l’encontre de ce roman : un final qui surgit un peu comme un cheveu sur la soupe, et surtout l’absence d’un véritable épilogue. Cette conclusion abrupte se révèle d’autant plus frustrante après avoir passé près de trois semaines aux côtés des mêmes personnages. On referme le livre avec l’impression que l’autrice rompt le lien de façon trop brutale, sans nous accorder le temps nécessaire pour leur dire réellement au revoir. Oui, messieurs-dames, j’ai un petit cœur sensible de lectrice, moi et je m’attache à mes personnages !

Le mot de la fin

En résumé, ce quatrième tome est celui qui m’a le moins plu. Mon avis mi-figue mi-raisin ne doit cependant pas vous décourager à lire le roman si vous avez déjà lu les trois premiers. Il est impensable de ne pas terminer cette saga si vous l’avez commencée.

Elle restera, dans son ensemble, un excellent moment de lecture malgré l’ennui que j’ai ressenti par moment ici. Elle fera néanmoins très certainement partie de mes lectures les plus marquantes en 2026.

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