
ALERTE COUP DE CŒUR !
Cette année marquera mon retour sur les terres de l’oncle Sam en août pour un deuxième voyage de trois semaines dans l’ouest US, entre Las Vegas et le parc de Yellowstone. Je n’ai envie que d’une chose en ce moment : me mettre déjà dans l’ambiance Amérique profonde histoire de m’imprégner complètement de cette atmosphère si particulière…
Je n’avais jamais entendu parler de Kathleen Grissom il y a encore un mois… Je suis tombée dessus par le plus grand des hasards alors que je flânais dans les rayons d’une librairie et la quatrième de couverture m’a immédiatement donné envie de l’acheter. J’aime énormément les lectures dont l’intrigue se déroule dans le sud des Etats-Unis, à l’image des romans de Leila Meacham comme La plantation, Les roses de Somerset, Les orphelins de Kersey.
La violence d’un monde divisé par la couleur de peau
L’intrigue se déroule fin du 19ème siècle dans une plantation de tabac dans un Etat du sud des Etats-Unis. Le roman débute lorsque la toute jeune orpheline Lavinia est placée comme domestique à la plantation après la mort de ses parents. La jeune fille est blanche comme neige et elle rejoint les autres domestiques qui eux sont tous noirs. Elle sera alors confrontée dès son plus jeune âge au fossé qui sépare les personnes noires des personnes blanches, à la violence des inégalités entre êtres humains uniquement en raison de leur couleur de peau. Elevée par Belle, une esclave métisse cultivée et d’une intelligence et douceur remarquables, un lien quasi maternel s’établit entre les deux femmes. Lavinia grandit dans une atmosphère protectrice établie par Belle. Pourtant, la jeune fille semble n’appartenir à aucun des deux mondes… Avant la mort d’une éducation elle bénéficiait d’une éducation et elle vivant dans le confort d’un foyer qui n’a pas besoin de se mettre au service d’autres personnes d’un rang supérieur pour survivre.
C’est ce tiraillement entre deux mondes qui est au centre du récit et qui sera le fil rouge de ce roman (et du suivant, Les larmes de la liberté). À mesure que la jeune fille grandit, des privilèges lui sont accordés en raison de la couleur de sa peau : elle bénéficie d’une éducation dispensée par la maîtresse des lieux, laquelle se révèle pourtant, au départ, être une véritable saloperie. Elle est également autorisée à passer du temps avec elle dans la grande maison. Des privilèges qui, pourtant, restent strictement interdits aux autres domestiques… Il y a une sorte de culpabilité qui ronge la jeune fille lorsqu’elle se rend compte qu’elle est « du bon côté » sans l’avoir choisi, tandis que les personnes qu’elle aime et qui lui sont proches subissent cette vie faite de violences et de labeur. Il y a alors une rage et une envie de changer les choses qui grandissent en elle et qui la mettent souvent dans des situations inconfortables.
Bella, le deuxième personnage principal du roman, est une figure inoubliable de cette intrigue et je l’ai aimée encore plus que Lavinia. A travers son personnage le roman montre une réalité souvent tue mais dont tout le monde a connaissance malgré tout : la violence sexuelle est partout, les esclaves ont une couleur de peau qui fait qu’ils n’ont droit à aucune liberté ni aucune considération de la part des blancs, mais les femmes servent malgré tout d’objet sexuel aux hommes blancs qui semblent oublier le racisme qui les anime lorsqu’ils vont les violer quand bon leur chante. Il est absolument effroyable pour moi en tant que femme et être humain de lire ces violences et la haine qui transpirent de ces mâles blancs tout puissants. C’est d’autant plus difficile quand on sait que derrière l’intrigue romanesque, cette période a vraiment existé dans un passé pas si lointain.
L’autrice a eu à cœur, me semble-t-il, de ne jamais tomber dans le cliché. Ainsi, les esclaves ne sont pas idéalisés, les maîtres ne sont pas non plus caricaturaux. Chacun porte en lui une part de noirceur, mais également une part de lumière (même si parfois il faut vraiment la chercher parce qu’elle est bien enfouie !) étouffée par la violence du système dans lequel tous évoluent. Kathleen Grissom explore avec une finesse incroyable la complexité de cette période et des relations humaines.
Lavinia elle-même n’est pas exempte de défauts. Je déteste ces romans qui font d’un personnage un héros ou une héroïne, lisse, à qui tout réussit et qui ne commet aucune erreur. A mesure que la jeune femme grandit et change de vie, elle commet des fautes mais qui la rendent plus mature et lui font gagner l’expérience nécessaire pour s’émanciper.
La vie quotidienne sur la plantation ainsi que les relations entre les domestiques, les esclaves de la plantation et leurs propriétaires sont décrites avec justesse et on se rend compte des différents statuts dans la société de l’époque : il ne faut pas se mélanger (sauf pour violer les femmes…), il faut savoir rester à sa place et c’est une question de vie ou de mort.
Sans jamais tomber dans la surenchère ni les scènes trop difficiles, j’ai été particulièrement marquée par certains drames qui surviennent dans le récit… J’ai éprouvé un attachement sans limite envers certains personnages, ce qui a rendu encore plus difficilement acceptable certains éléments de l’intrigue.
Le mot de la fin
Une lecture qui m’a secouée, m’a parfois brisé le cœur… C’est une histoire poignante qui réussit à mêler des faits historiques à des destins individuels. C’est un vrai, gros, immense coup de cœur !
Il fera sans doute partie de mon top 5 de l’année 2026.
A lire d’urgence !









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