Chronique lecture, Sagas familiales

Café Engel (Tome 1) Une nouvelle ère – Anne Jacobs

Une saga familiale, et ça repart !

Voilà des semaines que j’enchaîne les abandons ou les lectures qui ne me transcendent pas… Voilà bien un an que j’avais ce roman dans ma toute petite pile à lire et je retardais le moment où j’allais le commencer parce que je n’aime pas débuter une nouvelle saga familiale si tous les tomes ne sont pas sortis.

Après avoir adoré La Villa aux étoffes (le mot est faible), j’avais très envie de découvrir une autre saga familiale d’Anne Jacobs même si j’avais un peu peur de ne pas accrocher comme ça a été le cas avec le premier tome de la série Le manoir oublié, que j’ai abandonné au bout d’une centaine de pages il y a environ un an.

Les débuts ont été un peu laborieux comme souvent quand je commence une novuelle saga. Il y a beaucoup de personnages, plusieurs lieux, et j’ai eu besoin d’un peu de temps pour réussir à situer tout le monde. J’ai dû prendre quelques notes sur un carnet durant la première moitié de ma lecture pour m’y retrouver mais une fois que j’ai pris mes repères, je me suis vraiment laissée embarquer dans cette histoire.

La vie de l’après-guerre

L’intrigue nous emmène à Wiesbaden (Allemagne) en 1945. La guerre vient de prendre fin et le pays doit désormais se reconstruire : les villes sont en partie détruites, les habitants tentent de reprendre une existence aussi normale que possible et l’arrivée des Américains bouleverse un quotidien déjà bien compliqué. Les hommes qui sont rentrés de la guerre sont, pour la plupart, estropiés, ils peinent parfois à retrouver leur place au sein de la société qui a été maintenue à flot par les femmes, restées au pays. Tout manque, et c’est dans ce contexte historique que nous découvrons la famille Koch et son Café Engel. Ce lieu occupe la place centrale du récit (on ne s’en doutait pas duuuuuu tout vu le titre de saga 😀 ) et c’est autour de lui que convergeront les différentes intrigues, et les personnages qui y sont associés.

J’ai beaucoup aimé cette immersion dans l’Allemagne de l’après-guerre, moi qui n’aimait pas du tout les romans historiques il y a encore quelques années. La guerre est terminée, mais tout est loin d’être réglé : la population manque de tout, les tickets de rationnement ne leur donnent accès qu’à quelques denrées qu’il faut se partager, alors comment faire tourner un café dans de telles circonstances ? Sans grains de café, sans beurre, sans œufs, et avec une population qui n’a pas les moyens de s’offrir un petit plaisir sucré… On comprend que la fin des combats ne signifie pas un retour immédiat à la normale. Tous les allemands n’ont pas été nazis et on comprend que le quotidien de l a population était loin d’être rose…

C’est précisément ce que j’aime retrouver dans une saga historique. J’aime apprendre des choses sans avoir l’impression de lire un livre d’histoire, tout en ayant le sentiment que le contexte a une véritable importance dans l’histoire racontée.

Anne Jacobs décrit parfaitement les relations entre les Allemands et les Américains au moment de la libération et de l’occupation. Ces relations ne peuvent évidemment pas être simples. Les uns sortent d’années de guerre et doivent composer avec les conséquences du régime nazi, tandis que les autres arrivent dans un pays vaincu, comme des conquérants, ils apportent leurs lots de nouveaux produits comme les chewing-gums mais ils font aussi régner leurs lois pour instaurer un nouvel ordre. Il n’est pas bon ton pour une allemande de s’acoquiner avec un américain, et pourtant tous ces jeunes hommes feront tourner bien des têtes 🙂 !

Une héroïne parfois agaçante

Le personnage principal de ce tome est Hilde, la dernière fille du couple qui tient le Café Engel. Elle seconde sa mère au Café Engel durant toute la guerre, elle se démène pour trouver des denrées au marché noir pour continuer de faire tourner leur affaire. Je l’ai trouvée intéressante, dans un premier temps pugnace et touchante, mais je dois avouer que son comportement égoïste et ses réactions puériles de gamine capricieuse, notamment lorsque ça concerne la gente masculine, m’ont parfois agacée…

Cela ne m’a pourtant pas empêchée d’apprécier le personnage dans son ensemble et j’ai hâte de voir comment elle va évoluer dans les prochaines tomes.

De l’amour, oui, mais sans tomber dans le gnangnan

Si, durant toute ma vie de lectrice de polars, j’ai craché sur les histoires d’amour (faute avouée à moitié pardonnée…), aujourd’hui j’aime bien quand l’intrigue vire un peu à la romance. Un peu, j’ai dit 😀 !

Dans les sagas familiales que j’ai déjà pu lire, les relations amoureuses apportent une dimension supplémentaire à l’histoire. Tout ne tourne pas toujours autour des histoires d’amour entr les personnages et c’est le cas ici encore.

Et surtout, Anne Jacobs évite le côté trop mièvre qui me ferait décrocher. Les histoires d’amour peuvent être touchantes sans être gnangnan et j’ai vraiment apprécié cet équilibre.

Le mot de la fin

Je trouve que ce premier tome remplit bien son rôle. Il pose les bases d’un univers dans lequel j’ai eu plaisir à évoluer et me donne envie de découvrir ce qu’Anne Jacobs réserve à ses personnages.

Ce premier tome n’a pas provoqué chez moi le même coup de cœur immédiat que j’ai eu pour La villa aux étoffes, mais il m’a suffisamment plu pour que je commence le second tome dans la foulée.

Affaire à suivre !

Résumé (4ème de couverture)


Wiesbaden, 1945. Hilde a du mal à croire à sa chance : la guerre est finie, et le Café Engel a été miraculeusement sauvé. Elle va pouvoir redonner au lieu le prestige qu’il avait autrefois, quand il réunissait artistes et personnalités influentes.
Peu après le succès de la réouverture, une autre surprise attend la jeune Allemande. Son père est libéré et rentre chez lui. Mais, à peine retrouvée, la joie est de courte durée. Maintenant que son père est de retour, Hilde est reléguée à un rôle de serveuse. Et, au café, une mystérieuse femme se présente comme sa cousine, Luisa. La nouvelle venue séduit le cœur de tous les habitants. Y compris celui de l’amour de jeunesse de Hilde…

Citation

Avec le brouhaha des clients, les parapluies mouillés rangés à l’entrée, l’odeur du café et des tartelettes… Le Café Engel est une île, un endroit protégé, un refuge.

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