Chronique lecture

La chambre aux papillons – Lucinda Riley

Un roman de Lucinda Riley, et ça repart !

J’ai traversé quelques semaines assez compliquées côté lecture. La faute à mon immense coup de cœur pour Là où chantent les écrevisses, qui m’a tellement époustouflée que tout me semblait bien fade après lui. Depuis, j’ai d’ailleurs abandonné pas moins de huit romans, incapable de retrouver quelque chose à sa hauteur. Il aura finalement fallu tout le talent de Lucinda Riley pour que je parvienne enfin à terminer un livre.

J’avais ce roman dans ma petite pile à lire depuis un moment, sans jamais vraiment avoir envie de l’en sortir… allez savoir pourquoi. Enfin si, au fond, je le sais très bien : les romans de Lucinda Riley sont souvent si riches, denses et foisonnants que j’appréhendais un peu de m’y plonger.

En ce moment, j’ai plutôt besoin de lectures légères dans lesquelles je peux rentrer facilement et revenir, même après plusieurs jours de pause, sans avoir l’impression d’avoir perdu le fil ou oublié la moitié des personnages. J’avais peur de ne pas avoir l’énergie mentale nécessaire pour me lancer dans une fresque familiale complexe ou un récit aux multiples temporalités. Et pourtant, dès les premières pages, j’ai retrouvé ce qui fait tout le charme des romans de Lucinda Riley : cette capacité à happer le lecteur presque malgré lui et à rendre l’abandon du livre incroyablement difficile. Grâce à elle, aucune envie de poser mon bouquin pour faire du puzzle ou de la pâtisserie !

Une demeure, des secrets et des vies cabossées

Dès les premières pages j’ai retrouvé l’atmosphère si particulière que l’autrice a le don de mettre en place dans chacun de ses romans, et en quelques pages seulement : une maison chargée de souvenirs, des personnages marqués par le temps et avec une richesse de vie incroyable, des silences, des non-dits, des secrets de famille, une double temporalité qui nous permet de voir l’évolution des personnages principaux. Bref, tout ce dont je me délecte depuis deux ans à travers les différentes sagas familiales que je découvrir !

L’histoire nous entraîne auprès de la famille Marchmont, installée dans une majestueuse demeure anglaise où la matriarche, Posy, s’apprête à célébrer son soixante-dixième anniversaire. Elle est veue depuis quelques années mais elle est entourée de l’amour de ses deux fils adultes. L’un a vraiment bien réussi, l’autre esssaie continuellement de se lancer dans les affaires mais sans grand succès.

La force des personnages de Lucinda Riley

Posy est sans aucun doute le personnage le plus marquant du roman bien que chacun soit particulièrement intéressant et apporte un réel plus à l’intrigue. C’est une femme profondément sensible, dotée d’une grande force de caractère lorsqu’il s’agit de protéger les siens, parfois même au détriment de son propre bonheur.

Lorsque Freddie, son grand amour de jeunesse qu’elle n’a jamais oublié, réapparaît soudainement dans sa vie après l’avoir abandonnée des années plus tôt sans la moindre explication, le passé ressurgit avec une violence dévastatrice. Ce retour agit comme un véritable boomerang, rouvrant les plaies qui ont difficilement cicatrisé malgré les décennies, et menaçant de faire éclater l’équilibre fragile de toute la famille.

Moi qui ai pourtant tendance à oublier assez rapidement mes lectures, je remarque que je garde toujours un souvenir très précis des romans de l’autrice, même lorsque c’est un flop. Ses personnages, ses atmosphères et certaines scènes restent durablement en mémoire, preuve du talent qu’elle a pour créer des univers marquants et émotionnellement très forts.

Une demeure chargée de secrets

La demeure familiale occupe également une place centrale dans le roman, presque comme un personnage à part entière. Ses murs semblent imprégnés des joies, des drames et des secrets accumulés au fil des générations de la famille Marchmont. On imagine sans peine ses jardins majestueux, ses vastes pièces défraîchies par le temps et les années qui passent, ses couloirs silencieux et ces pièces mystérieuses qui semblent cacher des vérités longtemps enfouies. L’atmosphère qui s’en dégage contribue énormément au charme du récit et renforce cette impression de plonger dans une grande saga familiale. Derrière l’élégance des lieux et l’apparente sérénité familiale se dissimulent pourtant de nombreuses blessures, des secrets enfouis et des regrets jamais vraiment apaisés.


Le mot de la fin

Une histoire familiale prenante, portée par une écriture toujours aussi sensible et immersive.

Je recommande, et je me garde les autres romans de Lucinda Riley que je n’ai pas lus pour mes prochaines traversées du désert littéraire 😊

Résumé (4ème de couverture)

Dans la campagne du Suffolk, Admiral House trône. C’est la maison de famille de Posy Montague, l’endroit où elle a passé son enfance à courir après les papillons avec son père, avant d’y élever ses propres enfants. À près de 70 ans, elle doit pourtant se résoudre à se séparer de cette demeure qui a abrité ses plus grandes joies et ses plus grandes peines.

Mais la réapparition soudaine de Freddie, son amour de jeunesse qui lui a brisé le cœur cinquante ans auparavant, va tout bouleverser. Car il se pourrait bien qu’Admiral House n’ait pas encore révélé tous ses secrets…

Une captivante fresque multigénérationnelle, combinant personnages inoubliables et secrets déchirants, comme Lucinda Riley en a fait sa spécialité.

Citation

« J’aimais cette période de l’année où l’été commençait à céder la place à l’automne, puis à son long hiver. Le brouillard enveloppait le sommet des arbres telles d’immenses toiles d’araignées , l’air sentait le bois et la terre humide. Maman trouvait le climat anglais déprimant. Ce devait être très ennuyeux de ne pas être témoin du cycle de la nature, de ne pas voir ces mains magiques et invisibles transformer le vert émeraude des feuilles de bouleau en un bronze doré et chatoyant.« 

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