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La couleur des sentiments – Kathryn Stockett

J’ai très peu lu pendant cet été, juillet août ont été ultra chargés dans ma vie personnelle et j’ai préféré que tout se tasse avant de m’y remettre pleinement, de manière détendue et sans me sentir frustrée parce que je n’arrivais pas à avancer dans mes lectures en cours.

Après avoir lu la totalité de la saga Les mystères d’Eversand (ne cherchez pas les chroniques, je n’ai pas pris le temps de les rédiger et je ne le ferai pas trois mois après 😊 ), j’ai eu envie de lire des romans américains histoire d’être à fond dans l’ambiance de mon voyage et celui-ci m’avait été chaudement recommandé par de nombreuses lectrices sur Instagram.

Le sujet principal de La couleur des sentiments est celui de la ségréation et de la condition des personnes noires dans l’Amérique profondément raciste des années 1960.

J’aime en effet particulièrement les romans qui traitent des questions raciales aux Etats-Unis, je vous ai par exemple parlé des romans de Leïla Meacham, ma plus belle découverte de ces dernières années, ou encore d’Alabama 1963 de Niemiec XXX.

Direction ici le sud du Mississipi, dans la petite ville de Jackson. Les lois ségrégationnistes organisent encore la vie de la population : les noirs d’un côté, les blancs de l’autre. Ils ne peuvent même pas fréquenter les mêmes toilettes. La parole des blancs est décomplexée du côté des blancs et personne ne cache ses opinons aussi nauséabondes soient-elles, les noirs vivent dans la peur des exactions du Ku Klux Klan et dans la crainte de perdre leur travail…

A cette époque cependant, les femmes noires sont embauchées dans des familles (blanches, cela va sans dire) au milieu social relativement aisé, dans le but de s’occuper des tâches domestiques et de l’éducation des enfants. C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Skeeter, une jeune femme blanche de 24 ans. Skeeter fait partie d’un groupe d’autres jeunes femmes du secteur, souvent mariée, avec des enfants, et entretenues par monsieur qui gagne bien sa vie. Elles se réunissent autour d’une association pour lever des fonds, organiser des événements… Rapidement, la jeune femme se sentira de trop parmi elles et elle ne supporte plus le racisme qui les anime.  Certains sont absolument imbuvables, je les ai détestées durant toute ma lecture ! Si Skeeter qui cherche par tous les moyens à savoir ce qu’est devenue Constantine, la nounou noire qui l’a élevée et qui a mystérieusement disparu alors qu’elles étaient si proches.

Alors que Martin Luther King devient peu à peu le porte parole de cette minorité maltraitée et contrainte à s’effacer et à tout accepter pour ne pas risquer d’être violenté ou tué, Skeeter se lance alors dans le projet fou de donner la parole à ces femmes qui vivent dans une ombre permanente, et dans une société qui ne leur accorde aucune place. Elle ne cherche pas à raconter l’extraordinaire ou l’innommable, seulement leur quotidien. C’est ainsi que durant toute une partie du récit, nous suivrons la jeune femme dans sa quête pour trouver des personnes qui accepteraient de témoigner, et dans ces moments difficiles où elle essaie de les mettre en confiance afin qu’elles se confient à elle. Ce travail est long et fastidieux, et il aura des répercussions explosives !

Côté domestiques, on rencontre principalement Aibileen et Minny et qui nous serviront de fil conducteur à l’intrigue. Plusieurs parties leur donnent voie et nous vivons à leurs côtés les événements et ce qui fait leur quotidien difficile de domestique. Les trois sont attachantes à leur manière, avec une mention spéciale pour Minny, la forte tête du trio, qui nous sert parfois des dialogues et réflexions vraiment truculents. Pourtant derrière son tempérament explosif se cache une femme vulnérable, consciente des risques qu’elle prend à chaque fois qu’elle ose dire non et faire part de son mécontentement. L’autrice réussit grâce à ce personnage à donner un peu de légèreté dans un récit au climat très lourd.

Le mot de la fin

L’autrice a réussi à rendre ses personnages vivants et diablement attachants. Ils ne sont pas forcément travaillés à l’extrême mais chacun a ses particularités qui le rende unique et intéressant.

Certaines situations ou paroles sont particulièrement révoltantes à lire aujourd’hui, et c’est ce qui rend le contexte historique si important.  

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