
Je ne sais pas quoi lire en ce moment. Je n’ai pas d’envies particulières, pas de nouvelle lubie en cours… J’ai abandonné un certain nombre de romans américains ces derniers temps alors que j’avais vraiment envie de ne lire que ça jusqu’à mon départ en voyage au pays de l’oncle Sam fin août… Cette saga en quatre tomes, Les mystères d’Eversand, bénéficie d’une grosse hype ces derniers temps sur les réseaux sociaux littéraires et ce sont mes amis Katia (Encore un livre) et Gérald (Gerald en poche) qui m’ont donné envie de me lancer. Et j’ai bien fait !
Je vous parle aujourd’hui du premier tome de la série Les mystères d’Eversand, La suivante, écrit par Victor Dixen.
L’histoire (4ème de couverture)
Maudits soient ceux qui poussent les grilles d’Eversand !
Birdie Baker, étudiante sans le sou, tombe sur une offre d’emploi de » suivante » pour une vieille dame habitant l’État de Rhode Island. En plein janvier, elle débarque à Eversand, presqu’île au charme suranné où semble régner un printemps perpétuel : c’est le fief des Rosemore, très puissante et très secrète dynastie de la old money américaine.
Birdie n’a peut-être pas seulement été recrutée pour servir de demoiselle de compagnie, mais aussi pour devenir la » suivante sur la liste » : la dernière d’une longue lignée de jeunes femmes attirées au manoir comme des papillons dans une plante carnivore. En répondant à la petite annonce, a-t-elle signé son arrêt de mort ?
Citation
“Nous autres domestiques faisons juste partie des meubles. Des objets sans mémoire et sans passé, presque invisibles. Les mystères d’Eversand sont censés nous passer complètement au-dessus de la tête.”
Une première impression très réussie
Bien que particulièrement intriguée par cette saga (comme ce fut le cas il y a quelques années par Blackwater), j’avoue avoir commencé ma lecture avec un peu de scepticisme du fait du côté surnaturel dont on m’avait parlé. Mes doutes ont été rapidement balayés car l’auteur a su mettre en place en l’espace de quelques chapitres, une intrigue particulièrement immersive et accrocheuse qui a fait que je n’arrivais plus à m’arrêter de lire.
Victor Dixen nous entraîne dans l’univers d’Eversand et de son fascinant domaine, aussi mystérieux qu’inquiétant. Cette vaste demeure bourgeoise abrite la famille Rosemore, qui vit ici sous le poids des traditions séculaires. On comprend rapidement que de nombreux secrets les entourent, des secrets que la jeune Birdie est bien décidé à percer.
Une galerie de personnages particulièrement soignée
Le personnage de Birdie est vraiment agréable à côtoyer : curieuse, courageuse, attachante, elle est une jeune femme pugnace et volubile. Son passé difficile la rend d’autant plus humaine : bien qu’elle ne connaisse rien du métier de suivante, elle prendra à cœur son rôle en remerciant la vie de lui offrir ce cadre de vie malgré tout le négatif qu’il peut comporter. Elle ne fait pas l’unanimité auprès de ses collègues domestiques, une féroce rivalité règne évidemment sur ce monde de petites mains au service de la riche famille. Au programme coups bas, caftage, et bâtons dans les roues. De quoi animer notre lecture !
J’ai apprécié le fait que les personnages soient faciles à identifier ce qui n’est clairement pas le cas dans tous les premiers tomes des sagas que je lis habituellement et où il me faut toujours un temps d’adaptation pour m’y retrouver. Chacun possède sa propre personnalité et les nombreux protagonistes aussi bien du côté de la famille que du côté des domestiques, restent facilement identifiables. Les personnages secondaires sont travaillés, bien développés, ils ne font pas office de figuration et prennent une part importante à l’intrigue.
Une saga familiale teintée de mystère
L’ambiance est soignée et un véritable mystère plane sur le récit, les personnages, la demeure, mais également sur toute la presqu’île d’Eversand. Flirtant constamment avec le surnaturel, un genre qui ne fait pas partie de mes préférés et que je ne lis que très peu (voire pas du tout), j’y ai pourtant trouvé mon compte. Le suspense ne retombe jamais, j’ai eu moi aussi envie de percer le mystère de toutes les bizarreries qui se passent, notamment la nuit, dans la demeure. Il me faudra bien plus qu’un tome pour en venir à bout !
Autre point positif et non des moindres : le côté saga familiale. Certes, il est moins présent que dans La villa aux étoffes ou les Sept sœurs, mais j’ai aimé découvrir les liens, les rivalités et les secrets qui unissent les différents membres de cette étrange famille.
Quelques bémols malgré tout
Côté négatif, il y en a un peu malgré tout, certaines scènes m’ont paru un chouia gnangnan 😀 Je n’ai jamais lu de young adult, mais j’imagine assez bien que ce roman pourrait séduire les amateurs du genre. Pour ma part, j’aurais aimé une écriture un peu plus mature, avec des scènes romantiques moins prévisibles et davantage de retenue. Cela n’a pas gâché ma lecture mais c’est un aspect qui m’a parfois fait lever les yeux au ciel…
Enfin, c’est un point totalement subjectif, mais j’aurais aimé que l’intrigue se déroule au début du XXᵉ siècle. C’est une période que j’affectionne tout particulièrement dans les sagas familiales, et je trouve qu’elle apporte un charme supplémentaire aux grandes demeures, aux traditions et aux secrets de famille. L’univers d’Eversand aurait, à mes yeux, encore gagné en atmosphère dans un tel contexte.
Le mot de la fin
Un premier opus intriguant, des personnages nombreux mais assez forts pour que l’on s’y retrouve très facilement, un soupçon de fantastique… Je dois dire que ça matche plutôt bien et que c’est très différent de mes lectures habituelles.
Je suis clairement sortie de ma zone de confort avec ce roman et je n’ai eu qu’une hâte après l’avoir terminé, enchaîner immédiatement avec le deuxième !